Trafic de stupéfiants dans une cité marseillaise : 19 condamnations de 18 mois à 9 ans de prison

  • A
  • A
Qualifié de "grand patron du plan", Fathi Ganzouai, 36 ans, a été condamné à neuf ans de prison et à une amende de 50.000 euros.
Qualifié de "grand patron du plan", Fathi Ganzouai, 36 ans, a été condamné à neuf ans de prison et à une amende de 50.000 euros. © AFP
Partagez sur :
Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné lundi dix-neuf membres d'un réseau de revente de stupéfiants dans une cité marseillaise. 

Dix-neuf membres d'un réseau de revente de stupéfiants dans une cité marseillaise ont été condamnés lundi à des peines allant de dix-huit mois à neuf ans de prison pour le chef du réseau, par le tribunal correctionnel. Sept mandats de dépôt ou d'arrêt ont été prononcés contre des prévenus qui comparaissaient libre.

Avec un chiffre d'affaires quotidien estimé à 15.000 euros, les différents points de vente installés en 2016 au pied des immeubles de la cité Félix Pyat - l'une des plus pauvres de Marseille - attiraient chaque jour une centaine de clients.

Neuf ans pour le "grand patron du plan". Qualifié de "grand patron du plan", Fathi Ganzouai, 36 ans, a été condamné à neuf ans de prison et à une amende de 50.000 euros. Cet éducateur en charge de la prévention de la toxicomanie a contesté avoir joué un rôle dans le trafic. Il avait été désigné par des membres du réseau qui s'étaient par la suite rétractés. Le procureur l'a qualifié de "petit parrain de Félix-Pyat". Des peines allant de six à huit ans de prison assorties d'amendes oscillant de 20.000 à 40.000 euros ont été prononcées contre ceux que l'accusation a qualifié de "lieutenants" de Fathi Ganzouai et contre les gérants opérationnels.

Des rivalités avec un réseau voisin. Ce réseau de revente de cannabis et de cocaïne avait connu un règlement de comptes, un jeune gérant de pied d'immeuble ayant été tué en novembre 2017 dans la cité, un mois après voir été remis en liberté. De vives rivalités existaient avec un réseau voisin qui s'étaient traduites, en 2016, par des tirs ayant visé un jeune homme du clan adverse.

Dans son réquisitoire, le procureur Xavier Léonetti avait réservé ses premiers mots aux "victimes silencieuses, anonymes, ces habitants de la cité Félix-Pyat qui vivent sous le joug de ce réseau, connaissent les violences et les intimidations des dix-neuf prévenus qui font régner une autorité qui concurrence l'autorité légitime". Le magistrat avait ajouté : "Pour cette population qui se lève le matin et va travailler, il faut restaurer l'état de droit".