SOS Racisme porte plainte contre Éric Zemmour, une enquête ouverte

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Eric Zemmour a été condamné vendredi à 10.000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine.
Eric Zemmour a été condamné vendredi à 10.000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine. © SAMEER AL-DOUMY / AFP
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Mardi, sur CNews, Éric Zemmour a une nouvelle fois provoqué la polémique après des propos xénophobes visant les migrants mineurs isolés, qualifiés de "voleurs", d'"assassins", et de "violeurs". SOS Racisme a annoncé saisir le CSA et déposer plainte contre le polémiste. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

Éric Zemmour va-t-il à nouveau se retrouver devant la justice pour ses propos ? Quatre jours après avoir été condamné à 10.000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine, il a de nouveau créé la polémique mardi, sur le plateau de Face à l'info, sur CNews, en déclarant que les migrants mineurs isolés devaient tous être expulsés, et estimant que ces derniers étaient tous "des voleurs, des assassins, des violeurs". 

Lors d'un débat intitulé : "Mineurs isolés, une naïveté française", Eric Zemmour a plaidé pour "une politique de fermeté". Selon le polémiste, "il faut que ces jeunes, tous, ne viennent plus, parce qu'ils n'ont rien à faire ici". Et de marteler : "Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs. C'est tout ce qu'ils sont. Ils faut les renvoyer, il ne faut même pas qu'ils viennent".  Et pour arriver à cet objectif, Éric Zemmour estime que la France devrait être prête à quitter la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que la Convention des droits de l'enfant. 

"Vous, vous pensez aux enfants", dit-il à la journaliste Christine Kelly. "Moi, je pense aux femmes qui sont violées par ces gens-là, aux hommes qui sont assassinés par ces gens-là, aux Français qui sont brutalisés et traumatisés par ces gamins-là. Il faut penser aux Français avant tout". 

Zemmour "persiste dans la xénophobie"

Ces propos ont évidemment suscité une vive polémique, y compris au sein de la majorité présidentielle. Christophe Castaner, l'ancien ministre de l'Intérieur et nouveau président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, a fustigé "des inepties et amalgames honteux", tandis qu'Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes de la Diversité, et de l'Égalité des chances, a demandé à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) de saisir le procureur de la République.

Mêmes condamnations unanimes du côté des associations antiracistes. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) écrit qu'Éric Zemmour "persiste dans la xénophobie", et que la justice "devra passer sur ses appels à la haine". Enfin, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a annoncé que l'association avait saisi le CSA et déposé plainte "contre ce raciste récidiviste que nous avons fait condamner il y a cinq jours". Le journaliste du Figaro a en effet été condamné vendredi à 10.000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine, après sa diatribe sur l'islam et l'immigration en septembre 2019 lors de la "convention de la droite" organisée par des proches de Marion Maréchal.  

Le parquet de Paris a ouvert dans la foulée une enquête pour "provocation à la haine raciale" et "injures publiques à caractère raciste". Elle a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne. L'émission étant diffusée en différé, la responsabilité de la chaîne est engagée, a relevé un acteur du dossier.

Europe 1
Par Antoine Terrel