Sandra souffre de voir son père alcoolique : "Il a bu son premier verre de vin à 10 ans"

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Le père de Sandra a 64 ans et est alcoolique. Cette dernière s’inquiète pour la santé de son père qui boit depuis l’âge de dix ans, mais n’arrive pas à lui en parler. Au micro d’Olivier Delacroix sur "La Libre antenne" d’Europe 1, Sandra confie être angoissée par cette situation qui l’empêche d’avancer.
TÉMOIGNAGE

Le père de Sandra a bu son premier de vin à dix ans. Ayant davantage de temps libre depuis qu’il est retraité, ce dernier a pris de mauvaises habitudes. Sandra s’inquiète pour la santé de son père, mais craint d’aborder le sujet avec lui. Elle raconte que lorsqu’elle a essayé de lui en parler, son père avait bu. Au micro de "La Libre antenne", sur Europe 1, Sandra se confie à Olivier Delacroix sur l’alcoolisme de son père. Une situation angoissante qui l’empêche d’avancer, selon elle.

"Mon père est alcoolique. Ce n’est pas un alcoolique violent, mais les conséquences sur la vie familiale peuvent être dramatiques. C’est compliqué de se projeter vers l’avenir parce qu’on ne sait pas dans quel état il sera. À partir du moment où il boit, ce n’est plus du tout la même personne. Il a 64 ans et est fraîchement retraité. Il a beaucoup de temps libre et ses mauvaises habitudes s’installent. C’est quelque chose de très angoissant et anxiogène pour moi. Je vis encore chez mes parents.

" Il a toujours une excuse pour boire "

Il a bu son premier verre de vin à dix ans. Ses parents étaient restaurateurs. Il les aidait pendant certains services et quand il remplissait les carafes, il a commencé à goûter du vin. Depuis, il ne s’est pas arrêté. Il y a eu des périodes où il avait une grosse consommation et d’autres périodes où c’était plus modéré, mais il ne s’est jamais arrêté. À l’entendre, il n’y a pas réellement de problème et il peut le régler. À un moment donné, il a essayé de se soigner, mais il se donnait tout le temps des excuses. Ça n’a pas fonctionné.

À chaque problème, chaque émotion un peu forte, il a toujours une excuse pour boire. C’est lié à ses parents. Ils sont toujours vivants. Son père a toujours été très dur dans sa façon de le traiter. Dès qu’il sent qu’il contrarie son père, il va se réfugier dans l’alcool. Ce sont des gens qui ne parlent pas. Il y a beaucoup de non-dits. Dès qu’on veut évoquer quelque chose qui relève des émotions, c’est le silence. J’ai énormément de mal à dialoguer avec eux.

" Je n’arrive pas à avancer à cause de ça "

J’échange avec mère assez régulièrement. Elle est à bout. Elle a tout essayé, la manière douce, la manière forte. Elle a essayé de l’accompagner, mais on ne peut pas faire les choses à sa place. C’est ça qui est dramatique. Depuis que j’ai 14 ans je m’implique là-dedans. J’ai joué un rôle de médiateur entre mes parents. Ça ne doit pas être mon rôle, mais quand je les vois se disputer, je ne peux pas m’empêcher d’intervenir et d’essayer de les protéger.

J’ai déjà habité ailleurs et quand je n’étais pas là, il y a eu un événement assez violent entre eux. Ça m’a replongé dans mes traumatismes d’adolescente. Il y a des nuits où je ne dormais pas parce que j’avais peur que l’un tue l’autre. J’avais vraiment des angoisses extrêmes. Dès que quelque chose de la sorte réapparait, je ne peux pas m’empêcher de revenir. Je n’arrive pas à avancer à cause de ça.

J’ai abandonné l’idée d’en parler à des proches ou à des amis. Le peu de fois où j’ai essayé d’en parler, on me dit que je n’y peux rien et qu’ils sont adultes. Je sens juste qu’on ne me comprend pas. Il y a la honte aussi. C’est un réflexe de vouloir le protéger.

Il faudrait qu’il se soigne, mais il minimise les choses. C’est compliqué de communiquer avec lui là-dessus. Parfois j’ai peur de lui en parler, parce que ça pourrait le pousser à boire. On le vit tellement, que nous aussi, on essaye d’échapper au sujet. On a essayé plusieurs fois de discuter avec lui. Je lui ai dit récemment que j’avais peur pour sa santé et qu’il allait droit dans le mur, mais que je n’étais pas en colère contre lui. C’était un moment où il avait bu, donc je ne sais pas s’il s’en souvient. Il ne prend pas soin de sa santé. Je pense que son corps ne pourra pas endurer ça encore très longtemps."

Europe 1
Par Léa Beaudufe-Hamelin