SNCF : pourquoi la menace d'une grève d'ampleur à Noël s'éloigne

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Ophélie Artaud / Crédit photo : Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Les usagers de la SNCF s'inquiétaient d'une possible grève des trains à Noël. Mais mercredi, seuls deux des quatre syndicats cheminots ont signé l'accord sur les négociations salariales proposé par la direction. Une absence d'unité qui semble éloigner la possibilité d'un mouvement social massif sur le réseau ferroviaire pendant les fêtes de fin d'année.

La menace d'une grève SNCF pendant les vacances de Noël semble s'éloigner, à un mois des fêtes de fin d'année. En cause : l'absence d'unité des syndicats à l'issue des négociations salariales pour l'année 2024. La CGT, SUD Rail, la CFDT-Cheminots et l'Unsa-Ferroviaire avaient jusqu'à mercredi soir minuit pour signer cet accord d'augmentation des salaires, proposé par la direction de la SNCF. Seuls la CFDT-Cheminots et l'Unsa-Ferroviaire, minoritaires, l'ont approuvé.

Ce dernier prévoit une hausse des salaires de 4,6% en 2024, dont 1,8% d'augmentation générale. L'entreprise ferroviaire s'est également engagée à augmenter les salaires les plus bas, et à verser une prime de partage de valeur de 400 euros aux 140.000 cheminots du groupe.

Le risque d'une grève des aiguilleurs ?

Alors qu'une grève massive de l'ensemble des syndicats était évoquée il y a quelques jours, seul SUD Rail laisse désormais planer cette menace et demande sur X (anciennement Twitter), de "rouvrir les négociations pour éviter la grève". Le syndicat explique le rejet de l'accord par l'absence de "mesures de rattrapage de l'inflation subie en 2023, [qui] acte donc d'une nouvelle baisse du pouvoir d'achat des cheminots". Invité de Pascal Praud sur Europe 1, Fabien Villedieu, délégué SUD Rail, justifiait la semaine dernière la possibilité d'une grève par le fait que son syndicat souhaitait une augmentation de 400 euros bruts des salaires de tous les cheminots.

La possibilité d'un mouvement social d'ampleur semble donc s'éloigner, même s'il faut rester prudent. SUD Rail et la CGT, les deux syndicats majoritaires, souhaitent poursuivre les négociations avec la direction. Cette dernière n'a d'ailleurs pas assuré que l'accord serait appliqué dans son intégralité si les syndicats ne le votent pas en majorité, ce qui pourrait représenter un point de tension. Une réunion entre l'ensemble des syndicats de cheminots doit également se tenir mardi prochain, sur la question de l'avenir de la filiale Fret, mais aucune menace de grève n'a été évoquée pour le moment.

Outre les cheminots, les aiguilleurs ont appelé à une grève sur les questions liées à l'emploi début décembre. L'année dernière, un important mouvement social des contrôleurs pendant le week-end de Noël avait débouché sur l'annulation de plusieurs centaines de trains. Près de 200.000 voyageurs avaient été concernés.