"Si on tue, c'est pour l'adrénaline" : les collégiens mitigés par "Liferun", le pendant humanitaire de "Fortnite"

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Fortnite est l'un des jeux vidéo en ligne les plus populaire du moment et revendique 250 millions de joueurs à travers le monde. 1:32
Fortnite est l'un des jeux vidéo en ligne les plus populaire du moment et revendique 250 millions de joueurs à travers le monde. © AFP
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Créé pour montrer les conséquences de la guerre aux très nombreux joueurs de Fortnite, surtout les plus jeunes, "Liferun" propose de découvrir les principales missions de la Croix-Rouge en zones de conflit. Mais ce nouveau mode de jeu du très populaire Fortnite, beaucoup moins versé dans l'action, ne semble pas séduire tous les adeptes du jeu. 

Sauver des vies plutôt que de tuer ses adversaires. Ça s'appelle "Liferun" et c'est proposé depuis lundi sur le très populaire jeu en ligne "Fortnite", qui compte 250 millions de joueurs à travers le monde. Ce nouveau mode fait découvrir les missions principales de la Croix-Rouge en zones de conflit. Un jeu vidéo pour que les jeunes prennent conscience de la réalité de la guerre, alors que la violence se normalise sur leurs écrans. 

"Avec ce mode, il n'y a plus d'actions, plus de plaisir"

"C'est comme un dessin animé avec des bruits de mitraillettes. En tout cas, ça me choque pas". Sur leur smartphone, devant les grilles du collège, Rabah et ses copains  font des "kills". Traduction, ils tuent quelques adversaires sur Fortnite, le célèbre jeu en ligne. Mitraillettes, grenades ou fusils, le panel d'armes pour arriver à ses fins est large. Le but d'une partie ? Etre le dernier survivant d'une carte qui compte 100 joueurs et qui se rétrécit au fur et à mesure. Malgré les graphismes cartoon et l'univers coloré du jeu, il y a pourtant une réelle violence. 

Alors quand les collégiens apprennent que la Croix-Rouge a mis sur pied un autre mode de jeu dans lequel il faut passer du côté des humanitaires et transporter des blessés à l'hôpital, distribuer des vivres ou encore réparer une école, l'engouement n'est pas le même. "Avec ce mode, il n'y a plus d'actions, plus de plaisir" répond l'un d'eux au micro d'Europe 1. "Si on tue, c'est pour l'adrénaline", lâche un autre collégien adepte de Fortnite. 

"Ça peut peut-être leur donner une certaine sensibilité, une certaine humanité"

Derrière ce pari risqué, la Croix-Rouge veut montrer une autre vision de la guerre, moins centrée sur les armes, et plus sur les conséquences. "Ce qu'on essaie de leur dire, c'est qu'il y a des règles", explique Nora Livé de l'association d'aide humanitaire. "Cette génération est celle des dirigeants de demain, et on aimerait beaucoup que ces gens-là pensent que si on bombarde un hôpital, on ne pourra plus sauver les blessés", détaille-t-elle. Et de conclure : "Ça peut peut-être leur donner une certaine sensibilité, une certaine humanité", détaille-t-elle. 

Europe 1
Par Romane Hocquet, édité par Ugo Pascolo