"Se priver d'une réflexion sur l'architecture du 21ème siècle à Notre-Dame serait dommage"

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Charlotte Hubert, présidente de la Compagnie des architectes en Chef des Monuments historiques, a estimé samedi sur Europe 1 qu'il ne fallait pas couper court au débat sur la place laissée à l'architecture contemporaine dans la reconstruction de Notre-Dame de Paris.
INTERVIEW

Reconstruire Notre-Dame de Paris en cinq ans, comme le souhaite Emmanuel Macron ? "C'est techniquement jouable", a répondu samedi, au micro d'Europe 1, Charlotte Hubert. Pour la présidente de la Compagnie des Architectes en Chef des Monuments historiques, "tous les acteurs sont en place", "en ordre de marche" pour respecter ce délai pourtant très court.

"Savoir-faire magnifique". "Nous avons les artisans d'art et tous les Compagnons, un savoir-faire magnifique", a souligné Charlotte Hubert. Quant aux débats sur les moyens alloués à la reconstruction, elle les estime "légitimes" mais prévient : "Nous pouvons y répondre positivement". Reste "la question que tout le monde se pose, sur laquelle tout le monde a envie de réagir : 'Quelle Notre-Dame verra-t-on dans cinq ans ?'". Faut-il reproduire le monument à l'identique ou laisser un peu de place à l'innovation

"La question est ouverte". Charlotte Hubert reconnaît que "la question est ouverte" et souhaite qu'elle le reste : "Toutes les données sont là pour refaire les parties hautes de Notre-Dame de Paris à l'identique. Mais se priver d'une réflexion sur [l'architecture du] 21ème siècle à Notre-Dame serait sûrement dommage." Un avis partagé par Christophe Rousselot, le délégué général de la fondation Notre-Dame de Paris, qui était lui aussi invité sur Europe 1 samedi. "Ce sont les pouvoirs publics qui sont propriétaires du bâtiment et qui organisent les choses. Je trouve merveilleux qu'il puisse y avoir un débat, qu'on prenne le temps de discuter."

Une flèche "un tout petit peu incongrue". Lui-même confie, à titre personnel, trouver la flèche érigée par Viollet-le-Duc et effondrée dans l'incendie "un tout petit peu incongrue". "Il y avait quelque chose d'un peu déséquilibré", estime-t-il. Il ne lui semble donc pas hors de propos de réfléchir à ne pas reconstruire à l'identique. "Après, il faut choisir en fonction aussi du coût économique. On ne peut pas revenir à une option à caractère intégriste en quelque sorte, qui consisterait à privilégier le médiéval sans tenir compte des coûts."