Trois questions sur les "E3C", les nouvelles épreuves du bac qui commencent lundi

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La réforme bouleverse l'organisation du baccalauréat. 3:10
La réforme bouleverse l'organisation du baccalauréat. © FREDERICK FLORIN / AFP
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Les élèves de Première commencent à plancher sur des sujets de langues, d’histoire ou de mathématiques dès lundi. Mais la tenue de l’examen du baccalauréat nouvelle formule risque d'être perturbée dans certains établissements et des épreuves ont déjà été annulées. Edouard Geffray, directeur général de l'enseignement scolaire, décrypte cette réforme sur Europe 1. 
ON DÉCRYPTE

Les professeurs menacent d'empêcher la tenue des épreuves de contrôle continu du nouveau bac. À Clermont-Ferrand, un examen devait se tenir samedi mais environ 300 personnes, enseignants et étudiants, ont investi les couloirs et perturbé son déroulement. Mais en quoi consiste exactement cette réforme, dans les tuyaux depuis 2017, et pourquoi ne fait-elle toujours pas l'unanimité ? On décrypte avec Edouard Geffray, numéro deux de l’éducation nationale, invité d’Europe 1 dimanche. 

En quoi consistent les E3C ? 

Les épreuves du bac sont désormais subdivisées en trois parties : les bulletins scolaires compteront pour 10% de la note finale, les épreuves communes de contrôle continu - dites "E3C" - pour 30% et les examens finaux de terminale pour 60%. Les E3C sont des épreuves anticipées qui s’étalent sur trois sessions : deux en classe de première et la troisième au milieu de l’année de terminale. La première, censée débuter en ce début d’année, porte sur l'histoire-géographie et les langues vivantes auxquelles on ajoute les mathématiques pour les élèves en filière technologique. Les établissements sont chargés de leur organisation, les professeurs doivent eux-mêmes choisir les sujets de composition à partir d’une banque nationale de sujets.

"On sait que l’on apprend bien quand on est régulier et pas quand on court durant les trois derniers mois de sa scolarité", précise Edouard Geffray. En effet, l’objectif affiché est de récompenser "la régularité du travail des élèves" et de diminuer le stress généré par l'accumulation des examens en fin de scolarité.

Que leur reprochent professeurs et étudiants ?

La mauvaise préparation et la mise en œuvre prématurée de la réforme sont globalement critiquées par élèves et enseignants. Mais surtout, ils s’indignent contre un bac "au rabais". Les professeurs devant piocher dans une banque de sujets, une partie de l’épreuve n’est plus nationale. Est-ce un coup porté au prestige du diplôme ? "On a les garanties d’un examen national", conteste Edouard Geffray. "Les sujets ont été travaillés collégialement au niveau national par des inspecteurs et présentent un niveau de difficulté comparable." Le fait que les copies des élèves soient cachetées et qu’elles ne soient pas corrigées par leurs propres professeurs assure selon lui l’anonymisation.

Comment la contestation va-t-elle s’organiser ?

Pour protester, certains professeurs ont annoncé qu’ils ne surveilleront pas les épreuves ou qu’ils refuseront de corriger les copies. Une partie des correcteurs prévoit également d’accorder systématiquement la note maximale. Des actions qui pourraient menacer le bon déroulement de ce bac "new-look"... A condition qu'elles soient d'envergure. Edouard Geffray parle quant à lui d’un mouvement "minoritaire" chez les enseignants : "S’il y a des cas particuliers qui décident de faire la grève de la surveillance, on s’organisera pour que tous les élèves puissent passer leurs épreuves." Il ajoute que les professeurs, "dans l’hypothèse d’une situation de grève", devront assumer "toutes les conséquences qui lui sont associées". Ils pourraient notamment subir une retenue sur leur salaire.

Europe 1
Par Antoine Cuny-Le Callet