Que faire des rues qui portent les noms d'esclavagistes ?

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Le mémorial de l'abolition de l'esclavage a été inauguré au début des années 1990 à Nantes. 1:37
Le mémorial de l'abolition de l'esclavage a été inauguré au début des années 1990 à Nantes. © LOIC VENANCE / AFP
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La mairie de Bordeaux souhaite ériger une statue en l'honneur d'une esclave africaine mais ne souhaite pas rebaptiser des rues qui portent le nom de négriers. Elle propose d'apposer des plaques explicatives.

Le 10 mai est la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage. Plusieurs grands ports français ont participé à la traite négrière, comme Nantes ou bien encore Bordeaux. Dans la ville de Gironde, la municipalité va lancer dix initiatives pour reconnaître sa participation à ce crime contre l'humanité. Une statue de Modeste Testas, une esclave africaine achetée par deux frères bordelais en 1781, sera par exemple érigée.

"Faire de la pédagogie". Mais pour la municipalité, pas question de débaptiser les six rues de la ville qui portent le nom de négriers. Des plaques explicatives seront toutefois apposées. "Le but est de s'en servir pour faire de la pédagogie, pour ne pas oublier l'histoire et pour pouvoir expliquer le rôle de ces personnes et ce qu’elles ont pu apporter à la ville mais aussi ce qu’elles ont fait en terme de contribution à ces crimes contre l’humanité qu’ont été l’esclavage et la traite négrière", explique au micro d'Europe 1 Marik Fetouh, adjoint au maire en charge de la diversité.

"On a encore besoin de sensibiliser le grand public". A La Rochelle, ce travail de mémoire a débuté en 1982 avec l’inauguration du musée du Nouveau monde. Dix ans, plus tard, à Nantes, premier port négrier, un mémorial de l’abolition de l’esclavage était installé sur les quais de la Loire. "On a encore besoin de sensibiliser le grand public. Il faut en parler, il faut mettre des actions en place", explique à Europe 1 Dieudonné Boutrin, descendant d'esclaves, alors que plus d’une centaine de cérémonies sont organisées un peu partout en France. 

Europe 1
Par Stéphane Place, édité par Dylan Gamba