Le Salon de l'Agriculture s'ouvre ce samedi sur fond de crise agricole, un mois et demi après la dernière manifestation paysanne au cœur de la capitale. Malgré tout, ils sont un millier à avoir fait le déplacement porte de Versailles pour faire découvrir leur métier. Mais qu'attendent-ils de cette édition ? Europe 1 est allée tendre son micro.
Pas de bovins et de la colère. Ce samedi marque le début du Salon de l'Agriculture, un événement qui se tient sur fond de crise agricole, six semaines seulement après une journée coup de poing au sein de la capitale. Le 8 janvier dernier, on comptait des dizaines de tracteurs devant la tour Eiffel, l'Arc de Triomphe mais aussi devant l'Assemblée nationale.
Alors forcément, ce 21 février, c'est dans une ambiance toute particulière que s'ouvre ce SIA 2026. Et pour savoir ce qu'attendent le millier d'agriculteurs qui a fait le déplacement, Europe 1 s'est rendue sur place.
"Aider les jeunes à vouloir s'installer"
Et c'est avant tout une oreille pour entendre leurs préoccupations économiques que veulent trouver ces passionnés, à l'instar d'Antonin. À 20 ans, ce jeune berger employé craint de ne pas pouvoir vivre de son métier. "Moi je ne suis pas du tout fils d'agriculteur, je ne suis pas du milieu de l'élevage. Comment on peut aider les jeunes à vouloir s'installer, à avoir un élevage ? C'est ma passion, ce serait génial, mais derrière, il y a des conditions économiques, il y a des choix qu'on ne peut pas forcément assumer, donc c'est délicat."
De leur côté, la Coordination rurale et la Confédération paysanne, deuxième et troisième syndicats derrière la FNSEA, boycottent la rencontre avec le président ce samedi. "Pourquoi pas, si cela peut faire avancer les choses", souffle Léonie, jeune vache chère spécialisée, vache laitière. "En soi, ils ont raison, parce que normalement, oui, il faut se faire entendre mais s'il y a des grosses émeutes, c'est un coup à ce que le salon s'arrête complètement", craint cette spécialiste.
"Tant que c'est fait dans le respect, il n'y a aucun problème. Les patrons, ils arrivent à vivre, mais avec un peu d'aide quand même. On est un peu au centre de la terre, parce que sans nous, il n'y aurait pas de nourriture."
Reste que pour l'inauguration du SIA, le président de la République devrait être accompagné d'un important dispositif de sécurité, dont 250 policiers en civil. Je lui déconseille de venir nous voir", a déclaré le président de la coordination rurale, habitué des actions coup de poing.