Quatrième jour de grève à la tour Eiffel, la mairie de Paris ciblée

Les salariés de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (Sete) ont reconduit jeudi leur grève pour un quatrième jour consécutif.
Les salariés de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (Sete) ont reconduit jeudi leur grève pour un quatrième jour consécutif. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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avec AFP
La tour Eiffel est de nouveau fermée ce jeudi, pour le quatrième jour consécutif, en raison d'une grève organisée par les salariés de la CGT et de Force ouvrière. Les grévistes reprochent à la mairie de Paris, qui gère 99% de la Société d’exploitation de la Tour Eiffel (SETE), de mauvaise gestion financière.

Les salariés de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (Sete) ont reconduit jeudi leur grève pour un quatrième jour consécutif, reprochant à leur employeur sa gestion financière et ciblant la maire de Paris Anne Hidalgo. Une réunion est prévue à 13H00 entre les syndicats et la direction de la Sete, ont précisé la CGT et FO sur place.

"Tour Eiffel en danger, redevance trop élevée"

Une centaine de salariés se sont réunis jeudi matin à l'entrée principale du monument pour marquer notamment leur opposition à la redevance, selon eux trop élevée, que devra verser la Sete à la mairie, propriétaire du monument, dans l'avenant au contrat de délégation de service public (DSP) qui doit être présenté en mai au Conseil de Paris.

Les salariés, aux couleurs des deux syndicats en grève, CGT et FO, ont scandé les slogans suivants : "Tour Eiffel en danger, redevance trop élevée" ; "Gestion de la ville, tour Eiffel en péril" ou encore "La mairie se gave, pardon Gustave (Eiffel)". Une pancarte représentait la maire PS Anne Hidalgo en train de traire la tour Eiffel, présentée comme une "vache à lait" de la mairie de Paris. 

 

"La direction de la tour Eiffel n'a pas compris ce que négocier veut dire"

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet est venue soutenir les grévistes. "Il faut absolument qu'il y ait des négociations qui s'ouvrent et, visiblement, la direction de la tour Eiffel n'a pas compris ce que négocier veut dire", a déclaré Mme Binet, demandant à ce que l'intersyndicale puisse "négocier directement avec la mairie de Paris". La syndicaliste a demandé une redevance "raisonnable" afin que "la tour Eiffel ait suffisamment de moyens pour pouvoir investir et garantir l'entretien, notamment les travaux".

Même si l'intersyndicale ne fait pas état de revendications salariales, "il faut aussi que la tour Eiffel ait les moyens de rémunérer ses personnels et d'en recruter", a-t-elle aussi souligné. Or, "ces redevances déraisonnables" imposent "l'austérité au personnel en termes de recrutement et de salaires pour toutes les années à venir", a-t-elle estimé.

Quatre jours de fermeture, une perte potentielle d'environ 70.000 entrées

Les jours précédant la fermeture, la Dame de Fer avait accueilli entre 17.000 et 20.000 visiteurs par jour, a indiqué à l'AFP la déléguée syndicale FO Nada Bzioui. Les quatre jours de fermeture représentent donc une perte potentielle d'environ 70.000 entrées. La direction n'a pas communiqué sur les annulations entraînées par le mouvement social.

Ce conflit, qui avait déjà entraîné la fermeture du monument le 27 décembre, jour du centième anniversaire de la disparition de Gustave Eiffel, survient en pleines vacances scolaires d'hiver et à cinq mois des Jeux olympiques (26 juillet - 11 août).