"Proxénétisme des cités" : de 6 mois avec sursis à 3 ans et demi ferme pour 12 hommes

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Vingt-quatre victimes ont été identifiées par les enquêteurs, dont 17 mineures, la plus jeune ayant 14 ans. © DAMIEN MEYER / AFP
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Douze hommes ont été condamnés pour avoir prostitué une vingtaine de jeunes filles, pour la plupart mineures, en 2015 et 2016.

Douze hommes ont été condamnés mardi à des peines allant de six mois avec sursis à trois ans et demi de prison ferme pour avoir prostitué une vingtaine de jeunes filles, pour la plupart mineures, aux quatre coins de l'Ile-de-France en 2015 et 2016.

Âgés de 22 et 23 ans pour la majorité d'entre eux, ils étaient jugés depuis le 25 juin à Paris pour "proxénétisme aggravé". Ils encouraient dix ans de prison dans cette affaire de "proxénétisme des cités". Lundi, le parquet avait requis des peines allant de 8 mois à 7 ans de prison ferme à leur encontre. Les filles étaient recrutées sur Facebook, Instagram, Snapchat, dans des bars ou même dans la rue.

Sept ans ferme contre "le meneur". Le tribunal a condamné Stéphane Kessié, décrit lundi comme "le meneur" par le procureur Barthélémy Hennuyer, à 4 ans de prison dont 1 an accompagné d'un sursis avec mise à l'épreuve (SME) pendant 2 ans. Cet homme, qui est en détention provisoire, avait "des lieutenants, des sous-lieutenants. (...) Il est sur toute la chaîne", selon le procureur, qui avait requis 7 ans de prison ferme contre lui.

Un "homme obsédé par le rendement". Mohamed-Junior Kanté a été condamné à la même peine à laquelle s'est ajoutée la révocation partielle d'un sursis à hauteur de 6 mois, ce qui porte sa condamnation à un total de trois ans et demi de prison ferme et un an de sursis SME pendant 2 ans. Il était en récidive, car il a déjà été condamné pour proxénétisme aggravé en 2016. C'était "un homme obsédé par le rendement", a dit le procureur.

Aucune victime n'est venue témoigner. Une peine de 4 ans, dont un an avec SME pendant 2 ans, a également été prononcée contre Elie Malo, "le troisième grand personnage de cette affaire", comme l'a qualifié le parquet. Un mandat de dépôt a été prononcé à son encontre. La mise à l'épreuve des trois principaux condamnés consistera notamment à travailler ou à rechercher un emploi et à indemniser leurs victimes. Candy, Jaëlle, Souad, Nina, etc.: 24 victimes ont été identifiées par les enquêteurs, dont 17 mineures, la plus jeune ayant 14 ans. Elles ont cependant été les grandes absentes de ce procès: aucune n'est venue témoigner.