Protocole renforcé, fermeture totale : enseignants et parents réclament des mesures fermes

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Le taux d'incidence a bondi de 31% chez les 0-14 ans en une semaine. 3:01
Le taux d'incidence a bondi de 31% chez les 0-14 ans en une semaine. © DAMIEN MEYER / AFP
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De plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer un renforcement du protocole sanitaire dans les écoles, voire la fermeture totale des établissements. Depuis vendredi, un seul cas positif suffit à fermer toute une classe. Une mesure saluée par de nombreux enseignants et parents, qui la jugent toutefois insuffisante.
INTERVIEW

Avec toujours plus de cas de Covid-19 dans les écoles, des voix s'élèvent pour réclamer un protocole renforcé, des moyens humains et matériels, voire la fermeture totale des établissements. Depuis vendredi, un seul cas positif dans une classe suffit déjà à la fermer, ce qui a entrainé des clôtures en cascade. Au lycée Eugène Delacroix de Drancy par exemple, pas moins de 22 classes seront fermées dès lundi. "Nous sommes satisfaits de cette mesure, que nous réclamions depuis un certain temps. Mais elle est loin d'être suffisante", juge Ghislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, invitée d'Europe 1 samedi.

Appel à la grève en Île-de-France

"Les écoles vont finir par fermer d'elles-mêmes car il n'y aura plus du tout assez d'enseignants pour assurer leur bon fonctionnement", prévient-elle. Les sections parisiennes et franciliennes du syndicat ont appelé les personnels à la grève comme "ultime moyen de protéger leur santé, celle des élèves et des familles". "Les enseignants ont peur en allant au travail, il faut les protéger."

Selon Ghislaine David, le protocole sanitaire en place dans les établissements scolaires est encore bien trop léger. "Les cantines sont le maillon faible. Les enfants y sont nombreux et pas masqués. On demande aussi depuis le début d'année l'achat de capteurs de CO2 et purificateurs d’air, sans succès. Si on ferme aujourd'hui les classes au fur et à mesure, c'est parce que ces mesures n'ont pas été prises avant."

Le taux d'incidence en hausse de 31% chez les 0-14 ans

Marion, mère deux enfants scolarisé dans une école élémentaire de Créteil, partage son exaspération. "On ne peut pas laisser les enfants se contaminer et contaminer leurs familles. On a presque l'impression de mettre nos enfants dans des sortes de 'covidromes'." Chez les 0-14 ans, le taux d'incidence a augmenté de 31% du 15 au 21 mars par rapport à la semaine précédente. Une forte hausse qui pousse aujourd'hui Marion à réclamer la fermeture des établissements scolaires jusqu'à l'adoption de "vraies mesures sanitaires". 

Mais contrairement à nombre de ses voisins européens, la France refuse toujours de fermer ses établissements. Pour le chef de l'État, "la fermeture complète des écoles ne saurait être un tabou, mais elle doit demeurer un dernier recours et une mesure limitée au maximum dans le temps".

"Les enfants sont entrain de payer l'inconscience et le fait ne pas prendre en compte la réalité du terrain", fustige de son côté Rodrigo Arenas, président de la fédération des parents d’élèves (FCPE). Lui aussi réclame des moyens supplémentaires : "Sinon, ce sont nos enfants qui vont trinquer."

Europe 1
Par Laetitia Drevet