Invitée de "Christine Kelly et vous" alors que le texte sur la fin de vie arrive de nouveau au Sénat mardi, Ségolène Perruchio, infirmière et cheffe de la société française de soins palliatifs (SFAP), explique ce qui cloche selon elle avec ce texte. Pour elle, il ne "répond pas au problème".
Un examen qui reprend. Le projet de loi controversé sur la fin de vie doit faire son retour au Sénat mardi. Mais il suscite toujours autant de remous. Dimanche, plusieurs milliers de manifestants ont par exemple été recensés à Paris contre ce projet de loi. "Je crois que le texte ne répond pas au problème", explique dans Christine Kelly et vous, Ségolène Perruchio, infirmière en soins palliatifs.
"Le problème, c'est que les gens ont peur de souffrir. Et c'est bien normal, on a tous peur de souffrir. Aucun d'entre nous n'a envie de souffrir. Et on essaye de nous faire croire que la seule solution serait soit de souffrir, soit de choisir le moment de sa mort. Or, mon quotidien et le quotidien des acteurs de soins palliatifs nous prouvent le contraire."
Pour elle, "il y a une autre solution, celle d'être accompagné, celle d'être soulagé." "On a les moyens de le faire, et on sait le faire. Alors après, il y a un problème : aujourd'hui, un patient sur deux qui relève de soins palliatifs ne peut pas en bénéficier. Ça fait le lit, et c'est bien normal, de nos inquiétudes, de nos peurs. Parce que malheureusement, autour de nous, on a tous des expériences, de gens pour qui ça ne s'est pas très bien passé, qui ont été mal soulagés, qui ont été un poids, qui ont été mal accompagnés. Et évidemment, ça nous fait peur à tous. Aucun d'entre nous n'a envie de vivre ça."