Procès du père Preynat : "On espère que l'issue sera favorable et qu'il n'y aura pas d'appel", confie une victime

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Pierre-Emmanuel Germain-Thill 1:44
Pierre-Emmanuel Germain-Thill fait partie des dix victimes du père Preynat qui se sont portées parties civiles pour le procès du prêtre qui commence lundi à Lyon. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Alors que mardi s'ouvrira à Lyon le procès du père Preynat, accusé d'agressions sexuelles sur dix mineurs dans les années 80-90, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, une des victimes, espère sur Europe 1, que ce procès lui permettra de pouvoir enfin tourner la page. 
INTERVIEW

"On espère que l'issue sera à la fois favorable - mais ça on n'a pas de doute étant donné que la personne a déjà tout avoué - mais on espère surtout qu'il n'y aura pas de suite, d'appel, et qu'on pourra enfin tous tourner la page parce que ce combat est vraiment très fatigant depuis quatre ans", témoigne Pierre-Emmanuel Germain-Thill, qui fait partie des dix victimes du père Preynat qui se sont portées parties civiles pour le procès du prêtre qui commencera mardi à Lyon. Bernard Preynat est accusé d'agressions sexuelles sur dix mineurs qui se seraient déroulées dans les années 80-90.

Pendant vingt ans, le prêtre a été chef des scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon et a profité de son ascendant sur les enfants pour les agresser sexuellement. Des abus qui ont provoqué la chute du Cardinal Barbarin, accusé d'avoir gardé le silence. Pendant des années, beaucoup savaient ce qui se passait mais personne n'a jamais rien dit jusqu'en 1991. Cette année-là, des parents dénoncent ce qui se passe à sa hiérarchie, qui déplace le père Preynat, mais sans avertir la justice. Cette dernière ne sera saisie qu'en 2015, soit presque 25 ans plus tard

"J'aborde ce procès avec beaucoup de sérénité"

Pierre-Emmanuel Germain-Thill, qui est également membre de l’association "La Parole libérée" - une association d'aide pour les victimes de pédophilie créée en 2015 après le scandale Preynat - dit aborder ce procès "avec beaucoup de sérénité". "J'ai beaucoup mûri et avancé ces dernières années du fait d'avoir libéré ma parole, comme d'autres", explique-t-il. Il espère néanmoins pouvoir se libérer complètement car lorsqu'il a porté plainte contre le prêtre il y a quatre ans, il a été confronté à son agresseur dès le lendemain. "A l'époque, tous les préjudices n'étaient pas remontés. J'espère donc aujourd'hui pouvoir faire la lumière sur tout, comme les autres", affirme Pierre-Emmanuel Germain-Thill. 

Le procès qui démarre lundi au tribunal correctionnel de Lyon pourrait être reporté d'au moins une journée en raison de la grève des avocats.

Europe 1
Par Céline Brégand