Procès du meurtrier de Julie Douib : quel bilan pour le Grenelle des violences faites aux femmes ?

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La mère de Julie Douib, devant un portrait de sa fille, tuée en 2019. 2:03
Les parents de Julie Douib, devant un portrait de leur fille, tuée en 2019. © Marion Dubreuil pour Europe 1
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Alors que s'ouvre jeudi le procès de Bruno Garcia Cruciani, poursuivi pour le meurtre de Julie Douib, le Grenelle des violences faites aux femmes, lancé en réaction à ce féminicide, affiche un bilan en demi-teinte. Les mesures promulguées ne sont pas nécessairement appliquées.

C’est un triste décompte qui fait désormais partie de notre quotidien : 51 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année, selon le recensement de l’association Féminicides par compagnon ou ex (FPCE), et ce alors que s’ouvre jeudi, à Bastia, le procès de Bruno Garcia Cruciani, poursuivi pour l’assassinat de Julie Douib le 3 mars 2019. Il s'agissait du 30e féminicide sur les 146 dénombrés en 2019, une année où les chiffres ont marqué une forte hausse. La mobilisation des proches de Julie Douib et des associations avait déclenché le Grenelle des violences faites aux femmes.

Julie Douib avait déposé six plaintes contre lui pour menaces, harcèlement et violences. Aucune n'avait abouti. Trois jours avant sa mort, elle avait demandé à la gendarmerie de le désarmer. Deux ans après la tenue du Grenelle, les mesures adoptées visent à ce que ce type de scénario ne se reproduise plus, mais leur application n'est pas toujours efficiente.

Des bracelets anti-rapprochements

Au-delà de la prise de conscience sur les violences faites aux femmes, le Grenelle a permis des avancées concrètes sur les armes à feu par exemple : un conjoint violent doit être désarmé dès la première plainte. Deux bémols toutefois, dans les faits ce n'est pas toujours systématique et cela ne concerne que les armes déclarées. Autre avancée en demi-teinte : les bracelets anti-rapprochement qui permettent de géolocaliser un conjoint violent et d'alerter les forces de l'ordre. Ils peuvent désormais être délivrés avant même la condamnation. Mais concrètement seules 78 femmes bénéficient actuellement de ce dispositif sur 1.000 bracelets disponibles. 

Autre mesure du Grenelle, la mise en place de grilles d’évaluation du danger pour aider les policiers et les gendarmes à mieux appréhender les situations à risque. D’après nos informations, elles ne sont pas généralisées. Le gouvernement s'était engagé à l'époque du Grenelle à mieux protéger les femmes tout au long de la chaîne pénale. Il doit publier jeudi les conclusions de deux inspections sur des défaillances judiciaires après l’assassinat de Chahinez par son mari, à Merignac.

Europe 1
Par Marion Dubreuil, édité par Romain David