Procès de l'attaque de la pizzeria de Sept-Sorts : l'assaillant s'excuse, les victimes s'agacent

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Le procès du chauffard de la pizzeria de Sept-Sorts s'est ouvert mardi, plus de trois ans après les faits. 1:30
Le procès du chauffard de la pizzeria de Sept-Sorts s'est ouvert mardi, plus de trois ans après les faits. © LEONARD ORTUSO / SDIS77 / AFP
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En août 2017 en Seine-et-Marne, un homme avait foncé avec sa voiture sur la terrasse bondée d'une pizzeria, tuant une collégienne et faisant une douzaine de blessés. Plus de trois ans après les faits, son procès s'est ouvert mardi. Si l'accusé a d'emblée reconnu les faits, il nie toute préméditation. 

Le procès du chauffard de la pizzeria de Sept-Sorts s'est ouvert mardi, plus de trois ans après les faits. Le 14 août 2017, dans cette commune de Seine-et-Marne, un homme de 32 ans avait foncé avec sa voiture sur la terrasse bondée d'une pizzeria, faisant une douzaine de blessés et tuant une adolescente de 13 ans. A l'audience mardi, l'accusé a pour la première fois été confronté à ses victimes. 

"Je reconnais les faits et je m’en excuse"

Dès son arrivée à la barre, les quelques mots qu'il déclare passent mal auprès des nombreuses victimes présentes dans la salle. "Je reconnais les faits et je m’en excuse. Mais je ne reconnais pas la préméditation, j’étais en plein épisode délirant, c’est arrivé inopinément."

Cet argument, Sarah, serveuse dans la pizzeria le soir du drame, ne peut pas l’entendre. Elle a vu la voiture accélérer pour foncer vers elle et entendu les pneus crisser, puis les cris des victimes. "Ce n’est pas lui la victime. Ce procès fait remonter de mauvais souvenirs. Ca va durer trois semaines et ca va être très compliqué", confie-t-elle au micro d'Europe 1.

"Altération" de son discernement

Les parents de l’adolescente décédée cachaient mal leur agacement quant à des excuses qu’ils considèrent de circonstances. Après l'accusé, ils ont entendu son père et sa sœur raconter son enfance difficile, l’absence d’une mère, décédée quand il avait 2 ans, ses échecs amoureux et professionnels, son sentiment d’abandon puis ses bouffées délirantes liées à un sevrage brutal de cannabis deux semaines avant les faits.

L'accusé se dit prêt à répondre autant qu’il le pourra, mais il évoque des trous de mémoire qui l’empêchent de retracer le déroulé précis des faits, selon son avocat maître Emmanuel Giordana. Les experts psychiatres ont bien reconnu une altération de son discernement le soir des faits, ce que son avocate tentera de mettre en avant tout au long du procès.

Europe 1
Par Justin Morin, édité par Laetitia Drevet