Procès Charlie : entendu comme témoin, le djihadiste Peter Chérif se mure dans le silence

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Peter Cherif était entendu par visioconférence. 1:31
Peter Cherif était entendu par visioconférence. © Benoit PEYRUCQ / AFP
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Entendu vendredi par la cour d'assises spéciale de Paris dans le cadre du procès autour des attentats de janvier 2015, le djihadiste Peter Chérif a refusé de répondre aux questions de la cour. Il était entendu par visioconférence après de longues négociations. 

Très attendu, le témoignage de Peter Chérif n'a rien donné. Ce vétéran du djihad, ami d'enfance des frères Kouachi, était entendu vendredi comme témoin par visioconférence par la cour d'assises spéciale de Paris dans le cadre du procès autour des attentats de janvier 2015. Avant de se murer dans le silence, il a assuré n'avoir "rien à voir" avec les attentats. 

Pas un mot, sauf des propos sur l'existence de dieu 

Des négociations ont duré toute la journée pour qu'il accepte de venir déposer devant la cour via une visioconférence. Menotté, ce possible commanditaire des attaques a opposé jusqu'au bout son refus de répondre aux questions. Il a d'abord prononcé des bénédictions en arabe et en français avant de se murer ostensiblement dans le silence en lisant un petit livre, qu'on peut supposer être un livre de prière ou un coran. 

Le président de la cour a bien tenté de lui lire ses déclarations en garde à vue en l'invitant à répondre, mais pas un mot n'est sorti de sa bouche, hormis des propos sur l'existence de dieu.

Il avait le même mentor que les frères Kouachi

C'est sur ce constat d'échec que cette déposition a pris fin après 20 minutes. Au final, la seule confirmation que la cour a pu obtenir sur les commanditaire des ces attaques s'est résumée par la déposition le matin de Sonia Mejri, l'ex-épouse d'un chef de l'Etat islamique, qui a confirmé qu'Amedy Coulibaly avait bien été recruté depuis la Syrie. Actuellement incarcéré en région parisienne, après avoir été mis en examen dans un volet disjoint de l'enquête sur les attentats de janvier 2015, Peter Chérif avait fait savoir ces derniers jours à l'administration pénitentiaire qu'il refusait de se rendre à la visioconférence. 

Présenté comme un possible commanditaire de la tuerie de Charlie Hebdo, il avait été arrêté en décembre 2018 à Djibouti avec sa femme et leurs deux enfants et placé en détention dans l'attente de son procès pour association de malfaiteurs terroristes. Peter Chérif partageait avec les frères Saïd et Chérif Kouachi le même mentor, Farid Benyettou, ancien prédicateur de la "filière des Buttes-Chaumont", qui acheminait des djihadistes vers l'Irak.

Europe 1
Par Chloé Triomphe avec AFP, édité par Antoine Terrel