Pour plus de postes et de lits, la grève des urgences se poursuit : "On est sollicités de tous les côtés avec un rythme soutenu"

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Des patients attendent dans leurs lits dans les couloirs des urgences, espérant que des box se libèrent. (Photo d'illustration) © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
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Lancée il y a cinq mois, la grève des urgences se poursuit pendant l'été : désormais, environ 200 services d'urgence sont en grève, en France. Pour mieux comprendre l'ampleur de ce phénomène, notre journaliste s'est rendu dans l'un de ces services, à l'hôpital de la Timone de Marseille. 
REPORTAGE

C'est un phénomène qui dure depuis cinq mois. Aujourd'hui, autour de 200 services d’urgence sont touchés par le mouvement de grève des urgences. C'est donc près de la moitié des hôpitaux français qui sont concernés par ce mouvement. Même si le gouvernement a annoncé en juin qu'il débloquerait 70 millions pour apaiser la colère des grévistes, les soignants réclament toujours plus de lits et de postes.

Parmi ces structures, le service des urgences de l'hôpital de la Timone à Marseille a récemment rejoint le mouvement pour dénoncer la pénibilité des conditions de travail.

"Fatiguant moralement et physiquement"

La journée de vendredi s'annonçait calme jusqu'à ce qu'un patient doive être transféré en réanimation, alors que tous les box sont déjà occupés. Une aide-soignante portant un brassard de gréviste déborde de travail : "J’ai dix patients à ma charge et l’infirmier qui est parti maintenant manger, à 15 heures. C’est assez lourd. On est sollicités de tous les côtés avec un rythme soutenu. C’est fatiguant moralement et physiquement", explique-t-elle. "Ça me peine. Quand je sors, j’ai l’impression de ne pas avoir fait mon travail correctement. Il n’y a pas une bonne prise en charge."

Des temps d'attente à rallonge

Malgré la cadence de travail des soignants, les patients peuvent passer plusieurs heures dans l’attente de places d’hospitalisation. "Ça s'accumule au fur et à mesure de la journée. On peut avoir 90 patients simultanément à l’intérieur des urgences", explique un infirmier. "Ça arrive quotidiennement. Les temps d’attente augmentent tellement que l'on peut parfois attendre jusqu’à quatre heures pour avoir un premier contact avec quelqu’un. Ça amène de la colère, de incompréhension de l’agressivité et parfois de la violence. Certains de nos collègues en ont payé le prix fort."

Comme un peu partout en France, ces soignants en grève réclament des embauches aux urgences et des brancards pour mettre fin au temps perdu à arpenter les couloirs de l’hôpital.

Europe 1
Par Stéphane Frangy, édité par Tiffany Fillon