Pour Bernard Pivot, la suppression de l'accord du participe passé avec "avoir" est "une proposition très habile"

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Grégoire Duhourcau
Bernard Pivot a confié à Matthieu Noël être favorable à la suppression de l'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir. "C'est une règle extrêmement compliquée", selon lui.
INTERVIEW

Bernard Pivot a pris position dans le débat lancé par deux professeurs belges. Ces derniers proposent de supprimer l'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir. Et, étonnamment, Bernard Pivot y est favorable. "C'est une règle extrêmement compliquée", a jugé le président de l'Académie Goncourt au micro de Matthieu Noël, vendredi sur Europe 1.

Pivot n'a jamais compris cette règle. "Ces deux professeurs belges ont une idée toute simple, toute bête. C’est de dire, avec le verbe être on accorde, avec le verbe avoir on n’accorde plus. Je trouve que c'est très habile", explique-t-il. Car, comme il le confie, Bernard Pivot n'a lui-même jamais rien compris à cette règle de grammaire : "J’imagine que je me présente devant Dieu. Dieu me dit : 'Je suis content de vous voir Pivot ! Expliquez-moi la règle des participes passé, des verbes pronominaux, parce que moi, tout Dieu que je suis, je n’y ai jamais rien compris.' Et je lui répondrais, modeste : 'Moi non plus Seigneur.'"

"Pour résumer, je trouve que la proposition est très habile. C’est vrai qu’elle évitera des migraines chez les professeurs et chez les élèves mais, évidemment, moi à mon âge, je préfère que l’on reste avec l’écriture traditionnelle", explique-t-il toutefois.

>> De 5h à 7h, c’est “Debout les copains” avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Pour être adoptée, la réforme doit être "acceptée" par tous les pays francophones. Mais, la Belgique ne peut pas décider de cette réforme toute seule, prévient Bernard Pivot : "Pour que les Belges puissent avoir raison, il faut qu’ils amènent la France, la Suisse, les pays africains et le Québec à leur réforme. Il faut qu’elle soit acceptée par tout le monde". Il faut également que l'Académie française "donne son aval" et "ça, ça va être plus dur", conclut-il.