Polémique à l'IEP Grenoble : pour Frédérique Vidal, "les syndicats étudiants doivent s'interroger sur leurs valeurs"

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Frédérique Vidal 2:23
Frédérique Vidal était l'invitée de Sonia Mabrouk mercredi matin. © Europe 1
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Invitée de Sonia Mabrouk dans Europe Matin mercredi, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, est revenue sur la polémique autour des accusations d'islamophobie de Sciences Po Grenoble, jugeant "intolérable" le sort qui a été réservé aux professeurs pointés du doigt.
INTERVIEW

En pleine polémique autour des accusations d'islamophobie à Sciences Po Grenoble, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, était l'invitée de Sonia Mabrouk dans Europe Matin mercredi. Interrogée sur la branche grenobloise de l'Unef, à l'initiative de la diffusion d'affiches avec les noms des deux professeurs accusés, elle a jugé "intolérable" le traitement de cette affaire par le premier syndicat étudiant. 

"Je ne peux que condamner les faits très fortement, comme tous les faits qui consistent à afficher des noms, des injures à côté de ces noms, et donner en pâture sur les réseaux sociaux des enseignants chercheurs", a estimé la ministre. "Je serai toujours là pour les défendre et c'est totalement intolérable que nous vivions aujourd'hui cette violence au sein de l'Université", a poursuivi la ministre.

Les syndicats "doivent s'interroger"

L'Unef, qui a reconnu tardivement une initiative "maladroite", a par ailleurs réclamé que des sanctions soient prises à l'encontre des enseignants accusés d'islamophobie. Mais pour Frédérique Vidal, la polémique ne passe pas. 

"Je crois que les syndicats, les corps intermédiaires, doivent avoir une place essentielle parce que c'est eux qui permettent de trouver des compromis et de la sérénité. Mais très clairement, à Grenoble, ça a été un échec complet. Et évidemment je le regrette parce que ces syndicats ont toute leur place, mais c'est à eux de s'interroger sur leurs valeurs et leur histoire", a répondu la ministre. Car selon elle, "on ne peut pas débattre sereinement à partir du moment où l'on prend position aussi violemment pour ou contre".

Jeudi dernier, des étudiants avaient en effet placardé à l'entrée de l'institution des affiches où était inscrit : "Des fascistes dans nos amphis. L'islamophobie tue", accompagnées du nom de deux professeurs dont les photos ont été relayées sur les réseaux sociaux. Un signalement a été fait au procureur de la République de Grenoble et une enquête a été ouverte dimanche par le parquet pour "injures publiques" et "dégradations".

Europe 1
Par Manon Fossat