PMA : si l'anonymat est levé, "il pourrait y avoir moins de donneurs de sperme"
Le projet de loi bioéthique, qui ouvre la PMA à toutes les femmes, revient devant l'Assemblée nationale, lundi. Invitée d'Europe 1, Gwendoline Desarménien, secrétaire générale de l'Association des familles homoparentales (ADFH), a notamment réagi à la mesure permettant la levée de l'anonymat des donneurs de sperme. Une mesure à laquelle elle est favorable, mais dont elle craint les conséquences.
"Il faut donner la possibilité aux enfants d'avoir accès à leurs origines", affirme Gwendoline Desarménien, secrétaire générale de l'Association des familles homoparentales (ADFH). Invitée d'Europe 1, celle-ci a réagi au retour au projet de loi bioéthique - qui ouvre la procréation médicalement assistée (PMA à toutes les femmes) - devant l'Assemblée nationale, lundi. Le projet de loi prévoit notamment l'absence d'anonymat des donneurs de sperme. Ces derniers devront forcément accepter de voir leur identité révélée à l'enfant si celui-ci le demande à sa majorité.
"Elle ne pourra jamais savoir qui est son donneur"
Gwendoline Désarménien a elle-même eu recours à la PMA, il y a trois ans. Si tous ses examens ont été réalisés en France, "comme n'importe quelle femme enceinte sur le territoire français", la FIV a quant à elle été faite en Espagne. Sa fille a aujourd'hui deux ans et demi, et il lui sera impossible de connaître un jour l'identité de son donneur. "Je lui explique depuis qu'elle est née que ça ne va pas être possible", explique la secrétaire générale de l'ADFH. En effet, la loi espagnole n'autorise pas le don connu. "Ça va être compliqué si elle insiste, mais elle ne pourra jamais savoir qui est son donneur", tranche-t-elle.
"J'ai peur que ça allonge le délai d'accès à la banque du sperme"
Si Gwendoline Désarménien se montre favorable à la levée de l'anonymat des donneurs, celle-ci craint toutefois que cette mesure n'impacte significativement le nombre de donneurs. En 2016, seuls 363 dons ont été recensés sur l'ensemble de l'année. En cas d'adoption du projet de loi bioéthique avec cette mesure prévoyant de ne pas maintenir l'anonymat des donneurs, ces derniers pourraient être dissuadés de donner, par refus de voir leur identité révélée à la demande de l'enfant. "J'ai peur que de ce fait, il y ait moins de donneurs, et que ça allonge le délai pour avoir accès à la banque de sperme", déclare Gwendoline Désarménien.