Les prix à la pompe explosent ! Le gasoil atteint en France deux euros le litre en moyenne, c'est inédit depuis l'été 2022. Le sans-plomb 95 a également augmenté de 11 centimes au litre en 10 jours. C'est la conséquence de la guerre en Iran et du blocage du détroit d'Ormuz. Et cela, forcément, agace les automobilistes.
Le gasoil atteint son plus haut niveau depuis trois ans et demi : deux euros le litre en moyenne en France actuellement. Une barre symbolique dépassée dans de nombreuses stations-service. C'est évidemment la conséquence de la guerre en Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël, il y a dix jours.
"Le gasoil est passé de 1,65€/L à 2,03€/L" en quelques jours
Cette hausse agace les automobilistes, persuadés pour beaucoup que les distributeurs et l'État profitent du contexte international. C'est ce que l'on peut voir dans cette station-service de Strasbourg.
"C'est une catastrophe !", soupire Christine en faisant le plein de sa voiture. "La dernière fois [que j'ai fait le plein], [le gasoil] était à 1,65 le litre. Puis il est passé à 1,90 et maintenant à 2,03€ le litre. Je n'ai pas trop le choix, donc je fais avec", regrette cette nounou à domicile qui va essayer de limiter ses déplacements dans les jours à venir.
"Il n'y a pas photo : quand on est à plus de cent euros le plein, ça fait mal !", confirme Olivier qui roule lui aussi au gasoil.
"Ce sont les grandes surfaces qui se sucrent!"
Christine dit "comprendre" cette hausse du prix du gasoil, conséquence de la guerre en Iran. "Mais je suis quand même en colère", ajoute-t-elle. "Parce qu'à la base, les prix n'auraient pas dû augmenter aussi vite et aussi fortement".
La plupart des automobilistes rencontrés sont du même avis. "Ce sont les grandes surfaces qui se sucrent !", lâche Angelo, remonté et convaincu que les distributeurs profitent de la guerre. "Parce qu'il augmentent les prix alors qu'il n'y a pas de raison, ils veulent se faire de l'argent, comme d'habitude. L'État en profite aussi. Donc ils n'ont qu'à baisser [le prix de] l'essence !", poursuit-il.
"L'État aurait peut-être pu faire un effort"
Olivier, lui aussi, est sceptique face à cette hausse des prix du carburant. "On se doute bien qu'il y a des prétextes : la guerre, les problèmes d'approvisionnement. Mais l'essence que je mets aujourd'hui dans ma voiture a été achetée à un prix beaucoup plus bas que ce qu'on nous fait croire", explique-t-il.
L'essence, elle aussi, a augmenté en dix jours. Le sans-plomb 98 est actuellement à 1,90€/L dans cette station, ce qui représente "un surcoût de cinq euros par plein" pour Arnaud, chauffeur VTC. En faisant en moyenne "quatre pleins par semaine", il devra donc débourser "environ 80 euros de plus par mois".
"On est censés avoir des stocks stratégiques pour trois mois, donc l'État aurait peut-être pu faire un effort", estime Marie. "On est un petit peu pris en otage", conclut Olivier, fataliste.
Emmanuel Macron veut mener "une mission défensive pour rouvrir le détroit d'Ormuz"
"Les pays du G7 ont en effet des réserves stratégiques. Elles sont faites pour ça, pour piloter les choses dans les moments de tension", a déclaré ce lundi Emmanuel Macron, lors d'un déplacement à bord du porte-avions français Charles-de-Gaulle, en Méditerranée orientale.
Une réunion des ministres de l'Énergie du G7 est prévue ce mardi à Paris en marge d'un sommet sur le nucléaire civil. Emmanuel Macron a par ailleurs évoqué "une mission défensive pour escorter les navires et rouvrir le détroit d'Ormuz".
Plusieurs partis politiques dénoncent cette hausse des prix des carburants : le Rassemblement national appelle à une baisse des taxes, La France insoumise à un blocage des prix.
Il est "trop tôt" pour parler de nouvelles aides à l'achat de carburant, a déclaré sur RTL la ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Sébastien Lecornu a pour sa part annoncé "un plan exceptionnel de 500 contrôles" dans les stations-service par la répression des fraudes (DGCCRF) "entre lundi et mercredi", pour éviter les "hausses abusives des prix à la pompe".