Le piratage de la Direction générale des finances publiques pourrait constituer, selon l'expert en cybersécurité Clément Domingo, "la cyberattaque la plus grave jamais connue en France". Près de 700.000 particuliers et professionnels seraient concernés par cette fuite de données fiscales particulièrement sensibles.
La France face à une "cyberattaque potentiellement sans précédent". C’est l'alerte lancée par Clément Domingo, alias SaxX, expert du cyberespace, après la confirmation par Bercy du piratage de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
Selon le ministère de l'Économie, un acteur malveillant a obtenu fin juin un accès illégitime au système informatique de l'administration fiscale, permettant la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels.
Pour Clément Domingo, la sensibilité des informations dérobées change totalement la dimension de cette affaire. "On est peut-être en train de vivre la cyberattaque la plus grave de l'histoire de France", estime-t-il. Près de 700.000 personnes seraient concernées. Parmi les données potentiellement compromises figurent notamment les revenus fiscaux, les taux d'imposition, les adresses, la situation familiale ou encore les échanges avec l'administration.
Des conséquences potentiellement lourdes
Pour l'expert, le risque ne se limite pas à de simples tentatives de phishing. La précision des informations disponibles pourrait permettre aux cybercriminels de cibler leurs victimes avec des arnaques particulièrement crédibles. Les personnes disposant de revenus élevés pourraient également devenir des cibles privilégiées.
Clément Domingo redoute ainsi des scénarios beaucoup plus graves, allant jusqu'au cambriolage ou à la séquestration de certaines victimes. "On a vraiment un niveau d'information hypersensible", alerte-t-il.
Pourquoi sept semaines de silence ?
Autre interrogation soulevée par l'expert : le délai entre l'intrusion, détectée fin juin, et sa révélation publique le 13 août. Bercy affirme avoir rapidement coupé l'accès frauduleux, mais l'attaque n'a été rendue publique qu'après sa revendication par un cybercriminel.
Pour Clément Domingo, cette situation pose des questions sur la transparence de l'administration et sur la gestion de l'incident. Il appelle désormais les autorités à apporter des réponses précises aux Français concernés.
Cette nouvelle fuite intervient après plusieurs attaques ayant déjà touché des organismes publics français. Pour l'expert, elle démontre surtout l'urgence de renforcer la cybersécurité des administrations. "On ne peut absolument pas en 2026 mettre la poussière sous le tapis", prévient-il, appelant à davantage de transparence face à des attaques qui touchent désormais les données les plus sensibles de l'État.