Piotr Pavlenski défend sa compagne : "J’ai volé la vidéo à son insu sur son ordinateur, elle n’en savait rien"

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L'activiste russe a donné une interview à CNN, dans laquelle il défend sa compagne.
L'activiste russe a donné une interview à CNN, dans laquelle il défend sa compagne. © LIONEL BONAVENTURE / AFP
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L'activiste russe mis en examen après la diffusion de vidéos à caractère sexuel attribuées à Benjamin Griveaux a donné vendredi une interview au média CNN. Il y défend sa compagne Alexandra de Taddeo, affirmant qu'il lui a volé ces vidéos. Il évoque aussi ses ambitions futures, dans ce qu'il appelle "l'art politique". 
INTERVIEW

Alors qu'il a été mis en examen mardi pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", l'activiste russe Piotr Pavlenski explique dans une interview donnée à CCN comment il a eu accès à la vidéo qui a conduit au retrait de Benjamin Griveaux de la course à la mairie de Paris. Il défend sa compagne Alexandra de Taddeo, affirmant qu'il a "volé cette vidéo sur son ordinateur". Dans cette interview, il revient également sur ses motivations, sur ses ambitions politiques ainsi que sur sa relation avec Alexandra de Taddeo.

"Elle n'était pas contente" 

"Elle n'était pas contente. Dès sa diffusion, elle ne pouvait plus rien y faire", assure Piotr Pavlenski au sujet d'Alexandra de Taddeo. "Elle soutient mes positions politiques mais rejette la méthode par laquelle j'ai obtenu la vidéo", poursuit-il. 

"Je n’ai agi ni par vengeance ni par jalousie. Ils ont eu une relation avant moi, lorsque j’étais encore en prison. Je ne connaissais pas Alexandra avant novembre 2018. Sa relation avec Benjamin Griveaux date d’avant. Ce serait ridicule de me comparer à lui. Une femme peut avoir plusieurs relations", a déclaré Piotr Pavlenski.

>> Retrouvez les explications en français de Piotr Pavlenski à CNN :

"Benjamin Griveaux aurait été dangereux" 

Il a aussi justifié son action par le fait que la vie privée de Benjamin Griveaux "s'est arrêtée à partir du moment où il a fait de sa femme et de son enfant une partie intégrante de son image publique et de sa campagne". S'il dit respecter la vie privée des gens, il a estimé que Benjamin Griveaux ne pouvait pas "représenter plus de 5 millions de personnes sur la base d’un mensonge. Qu’aurait-il pu arriver s’il était devenu maire ? Je pense qu’il aurait été dangereux", a affirmé le militant russe, considérant que l'ancien candidat En Marche à la mairie de Paris a "fait cette campagne dans l'hypocrisie et le mensonge". "J'aurais fait la même chose s'il s'agissait de Donald Trump", a-t-il complété. 

"Révéler les mécaniques du pouvoir en tant qu'artiste"

"Ce qui m’importe, c’est de mettre en avant le puritanisme et l’hypocrisie. Les politiques sont de grands hypocrites. Macron est hypocrite, il a été élu parce que c’était soit la peste soit le choléra. Je dois révéler les mécaniques du pouvoir en tant qu’artiste. C’est de l’art politique. L’art doit ouvrir les yeux de la société", explique-t-il. 

"Ce n'est que le début"

"J’ai été très surpris par les répercussions de la vidéo et par la démission de Benjamin Griveaux. J’étais content quand j’ai vu son impact sur les gens", explique le Russe.

"En revanche, sa vidéo où il se masturbe n’est pas de l’art, mais il s’agit seulement d’une vidéo. Pour moi, ce n’est que le début. Je ne veux cependant pas vous révéler mes plans. Mon site a été bloqué le jour-même et j’ai été perquisitionné dans tous les lieux où j’ai été. Je n’ai pas peur de perdre mon statut de réfugié politique car j’ai l’habitude des menaces. Je souhaite à présent récupérer mes ressources et le matériel technique pour entreprendre ce que je veux faire. Contrairement à WikiLeaks, mon site ne dévoile aucun criminel. C’est avant tout une ressource pornographique qui mêle les représentants du pouvoir. C’est de l’art politique", conclut Piotr Pavlenski.

Europe 1
Par Lucie de Perthuis