Petite enfance : un "parcours des 1.000 jours" pour "redonner de la liberté aux parents"

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Vice-présidente du comité d'experts pour le "parcours des 1.000 jours", Isabelle Filliozat explique jeudi au micro d'Europe 1 qu'elle sera "la voix des parents" au sein de cette structure chargée de faire des préconisations pour faciliter les premières années de l'enfant.
INTERVIEW

C'est la traduction concrète de la volonté du gouvernement de "lutter contre les inégalités de destin" : un "parcours des 1.000 jours", référence aux 1.000 premiers jours de l'enfant, va être lancé jeudi après-midi, afin de faire des préconisations pour aider les parents de demain à traverser cette période aussi compliquée que décisive.

Au micro d'Europe 1, jeudi, la vice-présidente du comité d'experts chargé d'élaborer un plan de recommandations pour ce "parcours des 1.000 jours", Isabelle Filliozat, a précisé sa feuille de route et ses attentes quant à un tel dispositif, un chantier ouvert pour au moins dix ans, selon l'Élysée.

Vers une "déculpabilisation des parents"

Afin de "soutenir les parents et les accompagner", il faut "élaborer un certain nombre de politiques publiques qui permettront l'efficacité", appuie-t-elle d'emblée, car "ce sont les parents qui sont responsables de leurs enfants" : "L'objectif est de leur redonner davantage de liberté. Aujourd'hui, ils ont une pression massive et ils entendent des conseils de tous les côtés. L'objectif que je me fixe est d'être la voix des parents au sein de cette Commission."

Isabelle Filliozat, psychothérapeute, veut "écouter les scientifiques et trouver ce qui peut être utile pour déculpabiliser les parents", manière selon elle de "sortir d'une dynamique avec une normalisation de l'éducation" à l'oeuvre aujourd'hui.

" On a l'impression qu'on ne peut que punir quand il y a un mauvais comportement "

Celle qui donne des conférences sur la parentalité est également revenue au micro de Matthieu Belliard sur le changement de paradigme à adopter face à la punition, enjeu majeur de la petite enfance. "On a l'impression qu'on ne peut que punir quand il y a un mauvais comportement", analyse-t-elle. "Le problème est que les parents, aujourd'hui, n'ont pas d'option. Les travaux scientifiques montrent que la récompense est une forme de punition : on prive de récompense si l'enfant ne fait pas ceci ou cela. Ce que nous oublions, c'est que nos enfants ont plaisir à faire, à se sentir autonomes. Lorsque nous donnons une récompense, nous enlevons la motivation intrinsèque liée à l'activité."

Un comité pour "changer le social"

Le "parcours des 1.000 jours" doit aussi permettre de faire évoluer les moeurs sur cette question de la punition. "Tout n'est pas de la responsabilité des parents, il y a aussi la responsabilité de la société. Si on ne change pas aussi les structures sociales, on ne pourra plus avancer", veut croire Isabelle Filliozat. "On a besoin de changer à la fois le social et le psychologique. Nous allons faire des recommandations importantes pour soutenir les parents et pour que chacun puisse choisir sa manière d'être parent." Les experts devront formuler leurs propositions d'ici mi-janvier 2020.

Europe 1
Par Thibaud Le Meneec