Pas de "surcontamination" au plomb chez les enfants près de Notre-Dame

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La cathédrale a été ravagée par un incendie le 15 avril.
La cathédrale a été ravagée par un incendie le 15 avril. © LUDOVIC MARIN / AFP
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Sur 877 analyses, "12 enfants ont un taux de plomb supérieur au taux de déclaration obligatoire" de 50 microgrammes par litre de sang, ont affirmé lundi les autorités sanitaires. 

Les enfants des arrondissements du centre de Paris exposés à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame ne présentent pas de "surcontamination" au plomb par rapport à la moyenne des enfants d’Île-de-France, ont affirmé lundi les autorités sanitaires.

"On est au même niveau que la population générale", a expliqué le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France Aurélien Rousseau, au cours d'une conférence de presse organisée par la préfecture de la région, à l'occasion des six mois de l'incendie de la cathédrale.

"Il ne s'agit pas de relativiser la situation"

Les analyses réalisées sur 877 enfants entre le 15 avril et le 30 septembre confirment ainsi les conclusions déjà émises par l'ARS d'Ile-de-France mi-septembre, alors que 750 enfants avaient été dépistés. "Il ne s'agit pas de relativiser" la situation, a souligné Aurélien Rousseau, rappelant que des analyses étaient toujours en cours pour tenter de déterminer si les poussières de plomb retrouvées dans l'espace public étaient issues de Notre-Dame ou pré-existantes à l'incendie.

Sur 877 analyses, "12 enfants ont un taux de plomb supérieur au taux de déclaration obligatoire" de 50 microgrammes par litre de sang et 78 enfants se situent "dans l'intervalle de vigilance" (entre 25 et 50 µg/l), a-t-il détaillé. Ces plombémies portent sur des enfants habitant les cinq arrondissements les plus touchés par les retombées de poussière de plomb présent dans dans la charpente de l'édifice gothique : les Ier, IVe, Ve, VI et VIIe.

Le taux le plus élevé retrouvé est de 135 µg/l

Le taux le plus élevé retrouvé est de 135 µg/l, précise Santé publique France dans un point épidémiologique sur la situation. La plupart des cas (11 sur 12 et 68 sur 78 respectivement) concernent des enfants de moins de six ans, les plus exposés au risque de contamination au plomb en raison de leur tendance à porter des objets à la bouche.

"Parmi les 588 plombémies réalisées chez les enfants de 0 à 6 ans, la proportion de plombémies au-dessus du seuil de 50 µg/l était de 1,9%" et le taux de plomb moyen retrouvé était de 13,5 µg/l, analyse Santé publique France.
Or la dernière étude comparable disponible, menée en 2009 sur des enfants franciliens du même âge concluait à 1,5% de plombémies supérieures au seuil de déclaration et à un taux moyen de 15,3 µg/l.

Par ailleurs, sur neuf enquêtes menées dans l'environnement des jeunes enfants contaminés, huit ont "clairement" mis en évidence une source d'exposition au plomb à leur domicile, le plus souvent la peinture couvrant les ferronneries des balcons ou de travaux récents menés sur la toiture, a déclaré Aurélien Rousseau.

Dans les 3/4 des cas, dans les plombémies de contrôle réalisées par la suite, "les valeurs baissent significativement, ce qui veut dire qu'on a bien mis un terme à l'exposition", a-t-il ajouté.