Loi sur la parité en entreprise : vers une révolution chez les dirigeants ?

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L’Assemblée nationale examine mercredi une proposition de loi visant à féminiser les instances dirigeantes des grandes entreprises françaises. Un quota de 30% de femmes dans ces postes pourrait être instauré. Cette loi changerait doucement le paysage des groupes de plus de 1.000 personnes, aujourd’hui presque exclusivement dirigés par des hommes. 
ANALYSE

Se rapprocher un peu plus de la parité en entreprise. C’est le but de cette proposition de loi présentée mercredi à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Elle vise à instaurer un quota de 30% de femmes minimum dans les toutes instances dirigeantes des groupes de plus de 1.000 salariés. Une petite révolution dans ce milieu très masculin.

Féminiser tous les échelons des entreprises

La méthode des quotas a fait ses preuves. Il y a dix ans, la loi Copé-Zimmermann imposait un minimum de 40% de femmes dans les conseils d’administration. Et cela a fonctionné : avant cette loi, seulement 8,5% de femmes en étaient membres, aujourd’hui elles dépassent les 40% dans les 120 plus grandes entreprises françaises. En Suisse et en Espagne, dépourvus de quotas, 80% d'hommes siègent dans les conseils d'administration.

Cette nouvelle proposition de loi, portée par la députée de l’Essonne Marie-Pierre Rixain (LREM), vise tous les échelons dirigeants des grandes entreprises. Concrètement, il est question des directions financières, des ressources humaines, des responsables des achats, du marketing, des dirigeants de divisions, de filiales, de succursales etc.

Catherine MacGregor, seule femme à la tête d’une entreprise du CAC 40

Ces possibles changements ne plaisent pas à tout le monde. Et la discussion à l'Assemblée promet d'être animée. Une partie du patronat est vent debout, notamment à cause des sanctions financières prévues en cas de non-respect de ces quotas.

D’ici 2030, avec ce texte de loi, il pourrait y avoir 40% de femmes dans les 10% de postes les plus élevés de la hiérarchie des entreprises de plus de 1.000 salariés. Dans toutes ces fonctions de chefferie se situe finalement le vrai pouvoir. Et celui-ci reste massivement masculin. Une femme seulement est aux commandes d’un groupe du CAC 40 : Catherine MacGregor à Engie. Il est temps qu'elle se sente moins seule.

Europe 1
Par Nicolas Barré, édité par Manon Bernard