Origine, objectif, chances de gagner : tout savoir sur le "loto du patrimoine"

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Une loterie et un jeu de grattage sont lancés lundi pour financer la restauration des monuments en péril. L'initiative, inédite en France, est pilotée par l'animateur Stéphane Bern.

Tenter de remporter un gros chèque tout en finançant les travaux d'un monastère franciscain de Haute-Corse ou de la maison de Pierre Loti à Rochefort ? C'est désormais possible. À partir de lundi, le "loto du patrimoine", dont l'organisation a été confiée par le gouvernement à Stéphane Bern, tente de rassembler 15 à 20 millions d'euros pour restaurer des monuments historiques en péril. "Notre pays a besoin de porter des projets avec fierté", estime l'animateur, "désespéré de voir l'état dans lequel un grand nombre de bâtiments sont laissés à l'abandon". Règles, chances de gagner et utilisation des fonds récoltés : Europe 1 fait le point sur ce jeu. 

Comment jouer ?

La Française des Jeux crée deux produits différents : un loto, et un jeu de grattage. Le premier, qui a vocation à se répéter chaque année, sera proposé au prix de trois euros, vendredi 14 septembre, à la veille des Journées du patrimoine. Doté d'un jackpot de 13 millions d'euros, il équivaudra à un tirage exceptionnel du vendredi 13. En attendant, amateurs de vieilles bâtisses ou simples joueurs peuvent gratter un ticket "patrimoine", en vente dès lundi. Au prix de 15 euros - davantage que les "Millionnaire" et "Méga Mots croisés", actuellement les plus chers du marché - il sera doté d'un gain maximal alléchant d'1,5 million d'euros. Six des douze millions de tickets produits permettront de remporter cette somme.

À quoi ça sert ?

Les bénéfices des jeux - la part qui revient habituellement à l'État - seront affectés à un fonds spécifique baptisé "Patrimoine en péril". "Une goutte d'eau", selon Stéphane Bern, mais de quoi donner "le sentiment aux Français que le patrimoine appartient à chacun d'entre eux". La mission Bern a identifié 2.000 monuments à restaurer, dont 18 ont été sélectionnés pour être aidés en priorité. Il s'agit, pour la métropole, de l'ancien Hôtel-Dieu de Château-Thierry, dans l'Aisne, du Château de Carneville, dans la Manche, du Théâtre des Bleus de Bar, dans la Meuse, de la Villa Viardot de Bougival, dans les Yvelines, du Château de Bussy-Rabutin, à Bussy-le-Grand, de la Rotonde ferroviaire de Montabon, dans la Sarthe, du Fort-Cigogne de Fouesnant, dans le Finistère, de l'église Notre-Dame de La Celle-Guénand, en Indre-et-Loire, de la maison de Pierre Loti à Rochefort, de l'Aqueduc romain du Gier, dans le Rhône, de l'Hôtel de Polignac, dans le Gers, du Pont d'Ondres à Thorame-Haute, dans les Alpes-de-Haute-Provence, du Couvent Saint-François de Pino, en Haute-Corse. Cinq monuments se trouvent outre-mer : la maison d'Aimé Césaire à Fort-de-France, en Martinique, l'Habitation Bisdary de Gourbeyre, en Guadeloupe, la maison du receveur des douanes à Saint-Laurent du Maroni, en Guyane, la maison Rouge de Saint-Louis, à La Réunion et l'usine sucrière de Soulou, à Mayotte.

Les joueurs s'y retrouveront-ils ?

Sur le papier, le coût (15 euros) du jeu de grattage au format inédit (15x20cm environ !), peut sembler rédhibitoire. Mais selon la FDJ, un ticket sur trois sera gagnant d'au moins 15 euros, soit le prix payé par le consommateur. C'est plus que la moyenne des jeux en vente en France, qui est d'environ un ticket gagnant sur quatre. Quant au loto du 14 septembre, ses participants n'auront ni plus ni moins de chances de l'emporter qu'un jour de jackpot "classique" : environ une sur 19 millions d'avoir tous les bons numéros. Le pourcentage peut sembler décourageant. Il l'est pourtant nettement moins que pour l'EuroMillions, organisé à l'échelle de plusieurs pays d'Europe occidentale, et qui n'offre qu'une chance sur… 116 millions de toucher le gros lot.