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«On ne vit plus» : dans un quartier sensible de Toulouse, les riverains sidérés par l'explosion du racisme anti-blancs

Une banderole déployée par le groupuscule Génération identitaire, à Paris, en juin 2020. [Thomas SAMSON / AFP]

Les personnes se disant victimes de racisme anti-blancs sont de plus en plus nombreuses sur le territoire français. Près de la moitié des individus de couleur blanche disent même en avoir été victime. À Toulouse, certains quartiers sont jonchés de tags appelant à la "mort" des blancs. Reportage.

Le racisme anti-blancs explose en France. Selon un sondage IFOP : 46% des concernés disent avoir été déjà victime d'agressions ou de discriminations en raison de leur couleur de peau, ou bien de leur religion. Et le phénomène ne faiblit pas. Conséquence de ce climat : beaucoup subissent, et songent même à déménager pour échapper à ce contexte de plus en plus hostile.

Dans un quartier sensible de Toulouse, où les commerces communautaires sont devenus majoritaires, Sylvie et ses filles ne se sentent plus en sécurité. Désormais, elles sont même stigmatisées.

"Tuer tous les hommes blancs"

"Nos filles s'habillent correctement pour ne pas se faire insulter. Si une personne est blanche, c'est sûr qu'elle va se faire insulter. Ils vont l'approcher en lui disant comme s'habiller, ou alors 'sale chrétienne', 'sale catho, tu n'as pas honte'. Mais moi, je n'en peux plus, j'ai envie de quitter mon quartier. Quand je suis arrivée, c'était la fraternité. Et là, on est dans l'extrémisme, on ne vit plus", se désole-t-elle.

Une hostilité qui aujourd'hui s'exprime même dans les zones qu'on pensait auparavant protégées. Preuve en est, il y a un mois, dans ce quartier cossu du centre-ville toulousain, le mur à l'entrée d'une église a été recouvert d'un tag très connoté : "Kill all the white men" (tuer tous les hommes blancs, en français).

"Il y avait même un : 'à mort les blancs'. Nous sommes mitoyens avec l'église, donc ce n'est pas autre chose que du racisme anti-blanc", témoigne Marc et Séverine, deux résidents. "Je n'irai pas me balader comme il y a 15 ans. On est obligé de le prendre mal puisque c'est contre nous", s'inquiètent-ils.

Un phénomène que personne n'a dénoncé, il y a un mois ici, lors de la dernière marche contre le racisme. Un événement durant lequel les drapeaux français n'étaient étrangement pas les bienvenus.