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Mort de Thomas à Crépol : la question du racisme anti-blanc au cœur des dernières auditions

Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, 16 ans, lors du bal de Crépol, la question d’un mobile raciste revient au cœur du dossier. Après de nouvelles auditions menées en juillet, les juges d’instruction ont ajouté la circonstance aggravante de racisme, contestée par le parquet. [Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, 16 ans, lors du bal de Crépol, la question d’un mobile raciste revient au cœur du dossier. Après de nouvelles auditions menées en juillet, les juges d’instruction ont ajouté la circonstance aggravante de racisme, contestée par le parquet. 

Le racisme a-t-il motivé le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, lors du bal de Crépol ? La question avait profondément divisé la sphère médiatique et une partie de la société au moment du drame, avant d’être mise de côté par la justice. Elle revient désormais au cœur du dossier. À la mi-juillet, les deux juges d’instruction chargés de l’affaire ont mené de nouvelles auditions, après avoir de nouveau entendu les 14 personnes mises en examen. À l’issue de ces interrogatoires, les magistrats estiment désormais que des propos racistes ont bien accompagné l’explosion de violence survenue cette nuit-là.

 Le parquet de Valence conteste cette analyse. Mais ce revirement des juges d’instruction pourrait ouvrir la voie à un procès dans lequel la question du racisme anti-Blancs serait posée. Jusqu’ici, le détail de ces auditions de juillet restait peu connu. Selon les éléments révélés par Le Figaro, les interrogatoires ont notamment porté sur la manière dont les suspects parlaient des "Français", mais aussi sur plusieurs témoignages faisant état de menaces visant les Blancs et les Français. Les 14 mis en examen ont également été interrogés sur leurs conversations privées. Dans un message envoyé quelques heures après le drame, un membre du groupe affirmait qu’un de ses amis voulait "charcler un Français". 

Le parquet de Valence, lui, continue de contester cette circonstance aggravante

Les magistrats ont donc cherché à comprendre pourquoi certains utilisaient le mot "Français" pour désigner les jeunes de Crépol. Face aux juges, plusieurs mis en examen ont tenté d’expliquer ce vocabulaire. Certains ont évoqué un langage de quartier, d’autres une opposition entre citadins et ruraux. L’un des suspects a aussi parlé d’un "délire de marginalisation", reconnaissant : "On s’invente des ennemis". Des éléments qui ont contribué à faire évoluer l’analyse des juges d’instruction. 

C’est notamment sur cette base que les magistrats ont ajouté la circonstance aggravante de racisme aux accusations de meurtre et de tentatives de meurtre. Une qualification lourde, qui pourrait modifier la lecture judiciaire du dossier si elle était maintenue jusqu’au procès. Le parquet de Valence, lui, continue de contester cette circonstance aggravante. 

Il estime que les éléments recueillis ne permettent pas de démontrer suffisamment un mobile raciste dans le passage à l’acte. La décision finale n’est donc pas encore arrêtée. L’ordonnance de mise en accusation, attendue en septembre, fixera les chefs d’accusation retenus pour le procès.