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Jean-Luc Boujon (à Cours-la-Ville) , modifié à
Depuis le début du mouvement, les agriculteurs dénoncent la folie des normes qui les accablent et des contrôles en tous genres qu'ils subissent sur leurs exploitations. À Cours-la-Ville, dans le Haut-Beaujolais, un paysan a été convoqué à la gendarmerie après avoir nettoyé les fossés qui bordaient ses champs.

Des agriculteurs qui, depuis le début de la crise, dénoncent, entre autres, la folie des normes qui les accablent et celle aussi des contrôles en tous genres qu'ils subissent sur leurs exploitations à propos de leurs haies, leurs champs, leurs eaux ou leurs sols... Un agriculteur du Rhône a été contrôlé après avoir nettoyé les fossés qui bordaient ses champs, ce qu'il n'aurait pas dû faire. Résultat du contrôle : une convocation à la gendarmerie et une amende à payer alors que la pratique est ancestrale. Europe 1 s'est rendue à Cours-la-Ville dans Haut-Beaujolais.

"Ce sont des pratiques qui se font depuis toujours"

Il y a un an et demi, après avoir nettoyé des fossés en bordure de ses champs, Laurent Goujat, éleveur de vaches charolaises, voit débarquer dans sa ferme deux contrôleurs de l'Office Français de la Biodiversité (OFB) qui lui reprochent d'avoir asséché une zone humide. "On avait enlevé les sédiments, on a refait l'écoulement de l'eau. Ce sont des pratiques qui se font depuis toujours", affirme-t-il au micro d'Europe 1.

"On a vu deux personnes dans nos parcelles en train de faire des prélèvements. On est allés à leur rencontre pour savoir ce qu'il en était. Il faut savoir que ce sont des gens qui sont armés et ils nous expliquent tout de suite qu'il va y avoir une sanction, que c'est du pénal. Il n'y a pas eu de discussion possible et ils nous disent qu'on devra venir se justifier, que la procédure est lancée, que c'est comme ça", se rappelle-t-il.

"On est fiché... comme un délinquant !"

L'éleveur de vaches charolaises est convoqué à la gendarmerie pour un interrogatoire en règle. "On est donc venu justifier notre travail et la façon dont on l'a fait. Ensuite, on a répondu à des questions, on a été enregistrés avec notre nom, prénom, date de naissance, puis on nous a pris en photo devant un mur. On est fiché... comme un délinquant !" s'emporte-t-il, dénonçant le principe d'une réglementation "qui a dû un jour être décidée dans un bureau et qui n'est pas adaptée à ce que l'on vit sur le terrain".

"On voulait bien faire, dans l'intérêt de nos bêtes"

L'impression est très désagréable, "il y a un sentiment de colère quand on vit ces moments-là, d'injustice aussi, car nous, on voulait bien faire, dans l'intérêt de nos bêtes, pas nuire à la nature", glisse-t-il. Au final, Laurent Goujat choisira de payer une amende forfaitaire de 300 euros plutôt que de prendre un avocat pour contester la sanction devant un tribunal.

Une histoire devenue banale dans les fermes françaises, selon les agriculteurs qui ont de plus en plus de mal à supporter cette "police de l'environnement".