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«On a peur» : à Grenoble, les habitants ne voient pas le recul du narcotrafic comme l'évoque Laurent Nuñez

[Benoit Pavan / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Grenoble, une nouvelle fois victime de règlements de compte. La ville iséroise continue de vivre au rythme des tueries sur fond de trafic de drogue. Pourtant, le ministre de l'Intérieur assurait le 19 mai dernier que le narcotrafic reculait en France. Un bilan qui n'est partagé ni par les habitants, ni par les forces de l'ordre présentes sur le terrain. 

Le bilan est catastrophique. En six mois, près de 10 personnes sont mortes dans des règlements de compte à Grenoble et dans ses environs, a annoncé le procureur de la ville. Dernière fusillade en date : mardi soir, dans le quartier Mistral où une personne a été tuée et trois autres ont été blessées

Sur place, quelques heures après la fusillade, des jeunes à trottinette terrorisent les journalistes présents sur place. Mais aussi les habitants qui auraient la mauvaise idée de vouloir leur parler, comme ces deux femmes qui refusent de répondre. 

"Non, on ne peut pas vous parler. En fait, s'ils voient que dedans, il y a une interview, ils vont foutre le feu au quartier. C'est fini. On vit dans la peur. Et moi, je vous conseille de vous cacher", dit l'une d'entre elles à notre journaliste. 

"On a peur"

Omerta et terreur sont donc le quotidien des Grenoblois qui n'aperçoivent pas le recul du narcotrafic évoqué par Laurent Nuñez à l'image de Véronique et Maria.  "Ah non, ça ne recule pas ! Au contraire ! C'est de pire en pire", confie Véronique à Europe 1. "La semaine passée, c'était Echirolles, le jeune qui est mort dans la voiture brûlée... Là, c'est une fusillade dans la cité Paul Mistral. On a peur", ajoute-t-elle. 

"Nous, nous nous sentons en insécurité à Grenoble et dans les quartiers autour de la ville. C'est les règlements de compte, les fusillades, les balles perdues... Encore la semaine dernière, une passante, à deux pas d'ici, a été touchée", poursuit son amie. 

"Chaque jour, il y a le même guetteur"

Et le constat est le même chez les policiers, explique Brice Gajean, du syndicat Unité. "Le recul du narcotrafic ? On nous met sous les yeux des stats, des camemberts, des chiffres... Mais ça, nous on ne les voit pas. Nous, ce qu'on voit, c'est que chaque jour, il y a le même guetteur, chaque jour, il y a le même approvisionneur, chaque jour, il y a le même rabatteur et chaque jour, il y a une fusillade", regrette le policier.  Un autre syndicaliste se désole du manque de moyens policiers face à un narcotrafic qui n'a jamais été aussi puissant en France.