Un homme a été tué et trois autres ont été blessés par des tirs d'armes à feu près d'un point de deal mardi soir à Grenoble, a annoncé la police nationale.
Un homme a été tué et trois autres ont été blessés par des tirs d'armes à feu près d'un point de deal mardi soir à Grenoble, a-t-on appris de source policière. Les quatre victimes étaient réunies avec d'autres personnes devant le local du club de football du quartier Mistral, selon le Dauphiné Libéré, quand le groupe a été pris pour cible vers 21H30 par un ou des tireurs à bord d'un véhicule, selon la police.
Un homme touché par balles est décédé sur place. Trois autres ont été blessés, dont un avec un pronostic vital engagé, et transportés par les secours à l'hôpital, selon la source policière.
"La violence s’est installée"
Les membres du club de foot du quartier étaient en train de regarder un match de football dehors, à la télévision, devant l’entrée de leur local, lorsqu’un 4x4 BMW noir a déboulé avant qu’une rafale de Kalachnikov ne soit tirée en direction des personnes présentes. Au moins dix étuis de balles ont été retrouvés sur place.
"Je pensais que c’était mon petit-fils qui jouait aux jeux vidéo, et puis après, c’était insistant. Mon petit-fils m’a dit : 'Mamie, il y a eu une fusillade.' C’est tout. C’est une rafale, c’est comme de partout malheureusement, la violence s’est installée", raconte Sylviane, qui habite le quartier.
Un quartier sous le choc, où les gens ont très peur de parler. "On ne peut pas. En fait, si vous voyez qu’on interviewe des gens ici, ils foutent le feu au quartier, c’est fini. On vit dans la peur. Moi, je vous conseille de vous cacher", insistent des femmes interrogées par Europe 1.
Guerre des gangs
Le drame de mardi soir est, semble-t-il, un nouvel épisode de la guerre des gangs que se livrent les narcotrafiquants à Grenoble, explique Brice Gajan, du syndicat Unité Police. "Les faits s’enchaînent inlassablement : règlements de comptes, reprises de terrain. C’est toujours un peu le même scénario, toujours le même mobile, mais avec une banalisation alarmante, parce que ce sont des choses qui, auparavant, n’étaient pas courantes et qui le sont maintenant beaucoup trop", déplore-t-il.
Ce dernier rappelle notamment que Grenoble "est toujours en tête des classements, notamment devant Marseille, en nombre de crimes et délits pour 1.000 habitants, avec des effectifs en baisse constante".
Une enquête a donc été ouverte par le parquet de Grenoble. Le procureur de Grenoble tiendra d’ailleurs une conférence de presse ce mercredi après-midi.
Une ville marquée par les règlements de compte
La ville de Grenoble et certaines de ses banlieues, comme Echirolles, sont régulièrement marquées par des épisodes de violence par arme à feu liées au trafic de drogue. Selon le procureur de Grenoble, Etienne Manteaux, l'année 2025 a ainsi été marquée "par la prégnance du narcotrafic et par les règlements de compte entre groupes rivaux", avait-il déclaré en janvier à l'audience solennelle de la rentrée judiciaire.
Il avait relevé "l'utilisation sur la voie publique d'armes de poing ou d'armes de guerre pour tuer, avec une récurrence inquiétante".