Fumigènes ou drapeaux à la main, des milliers d'agriculteurs ont manifesté mardi devant le Parlement européen contre l'accord avec le Mercosur, à la veille d'un vote sur une saisine de la justice.
Au Parlement européen, les derniers espoirs des opposants au traité du Mercosur demeurent. Les eurodéputés se prononceront mercredi sur une éventuelle saisine de la justice pour vérifier la légalité de l'accord commercial entre l'Union européenne et plusieurs pays sud-américains signé le week-end dernier.
En cas de vote favorable, l'entrée en vigueur du texte serait reportée de plusieurs mois. À Strasbourg, plus de 5.000 manifestants venus de plusieurs pays se sont retrouvés ce mardi pour faire pression sur les parlementaires.
"Non au Mercosur"
Fumigène, banderoles, drapeaux à la main, les agriculteurs n'ont qu'un slogan à la bouche : "Non au Mercosur". "Cet accord, Madame von der Leyen l'a signé, mais nous n'en voulons pas, à aucun prix. Nous nous opposerons jusqu'au bout et nous utiliserons toutes les ficelles qui sont en notre pouvoir pour empêcher qu'ils s'appliquent", assure Jérôme, venu de Vendée.
Ici, la colère se cristallise contre une femme, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Sur place, son nom est hué. Nicolas, 18 ans, l'accuse de mettre en péril l'agriculture européenne. "Ursula von der Leyen n'attend qu'une chose, que ça enrichisse ses poches, mais on nous laisse en crever", dénonce-t-il.
"On y croit encore"
Avec plus de 700 tracteurs qui entourent le Parlement, les agriculteurs espèrent bien faire pression sur les eurodéputés avant le vote de mercredi. "Notre objectif, c'est une saisine de la Cour européenne de justice pour pouvoir reporter ce Mercosur. L'idée à terme, c'est qu'il ne se signe pas, c'est le dernier recours qu'on a pour que tout s'arrête", souhaite un agriculteur.
Tous espèrent être entendus comme Louise, agricultrice dans l'Aisne. "On a de l'espoir, c'est pour ça qu'on est là et qu'on est mobilisés et qu'on est sortis de nos fermes aujourd'hui. On a laissé nos vaches, on a laissé nos tracteurs, parce qu'on y croit encore", admet-elle au micro d’Europe 1. Leur campement est prêt pour passer la nuit face au Parlement et faire pression jusqu'au bout.