Mort de Steve : "Ce n'est pas la Ville qui a donné des ordres", se défend l'adjoint à la mairie de Nantes

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De nombreuses zones d'ombres persistent après le rapport de l'IGPN sur l'intervention policière lors de la Fête de la musique, à Nantes.
De nombreuses zones d'ombres persistent après le rapport de l'IGPN sur l'intervention policière lors de la Fête de la musique, à Nantes. © LOIC VENANCE / AFP
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Sur Europe 1, l'adjoint à la mairie de Nantes en charge de la sécurité s'"étonne" d'un "changement de responsabilité" après l'ouverture d'une enquête sur le rôle de l'administration, suite à la découverte, lundi, du corps de Steve Maia Caniço dans la Loire.
INTERVIEW

Une intervention policière "justifiée" et pas "disproportionnée" : dans son rapport sur les incidents de la Fête de la musique à Nantes, l'IGPN dédouane les forces de l'ordre et écarte tout lien entre leur action et la disparition de Steve Maia Caniço, retrouvé mort lundi. La "police des polices" charge par ailleurs la mairie de Nantes, rappelant que celle-ci "n'avait mandaté que deux agents d'une société privée de sécurité" et "avait fait positionner des barriérages le long d'une partie seulement du quai Wilson".

"Ce changement de responsabilité m'étonne"

"À 4h30 (l'heure de l'intervention policière, ndlr), ce n'est pas la Ville qui était présente sur les lieux, ce n'est pas la Ville qui a donné des ordres", se défend sur Europe 1 Gilles Nicolas, l'adjoint à la mairie de Nantes, en charge de la sécurité, la tranquillité publique et du stationnement. "Ce changement de responsabilité m'étonne".

En présentant les conclusions du rapport de l'IGPN, mardi, le Premier ministre Édouard Philippe a ainsi réclamé une nouvelle enquête à l'inspection générale de l'administration (IGA), chargée de se pencher sur le rôle de la municipalité et de la préfecture. "S'il demande des enquêtes complémentaires, c'est qu'il trouve qu'apparemment, il y a des faits quelque peu contradictoires, troublants. Si c'est pour aller vers plus de transparence, tant mieux. Si c'est pour dire que d'autres personnes sont en causes, on peut se poser des questions", poursuit Gilles Nicolas.

Le quai Wilson "appartient au port, donc à l'État"

"Soyons précis. Pour les sound-systems, qui s'installent historiquement sur le quai de Loire, la Ville ne délivre aucune autorisation, car cela relève de la police spéciale du préfet, relative à l'organisation de free parties", explique cet ancien commissaire de police.

"Mais bien que juridiquement non-compétente en matière de free parties, la Ville reconduit chaque année un dispositif de prévention, qui comprend notamment un canot et deux agents de sécurité qui font le lien avec un poste de secours situé juste à côté du quai Wilson", précise-t-il. "C'est un site particulièrement sécurisé parce qu'il appartient à la ville de Nantes. Il y a un garde-corps, des échelles de secours avec un éclairage automatique, des bouées de sauvetage… Ce site est aussi vidéoprotégé et comporte un cheminement piétonnier vers le centre-ville". Mais sur le quai Wilson, où avait lieu la soirée, "le terrain appartient au port autonome, donc à l'État", clarifie l'élu.

Les conclusions de l'IGA sont attendues pour le 4 septembre, alors que d'autres enquêtes sont toujours en cours, notamment sur le plan judiciaire. C'est bien sur celle-ci, ouverte mardi par le parquet de Nantes pour homicide involontaire, que l'avocate de la famille du jeune homme, Me Cécile de Oliveira, fonde le plus d'espoirs. Mercredi matin sur Europe 1, elle jugeait en effet le rapport de l'IGPN "très contestable".

Europe 1
Par Thibauld Mathieu