Mort de Steve : Alexis Corbière (LFI) exige des "responsabilités politiques"

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Thibauld Mathieu
Sur Europe 1, le député LFI de Seine-Saint-Denis explique vouloir comprendre "la chaîne de décisions politiques" qui ont mené à la mort du jeune Steve Maia Caniço, retrouvé lundi dans la Loire.
INTERVIEW

Depuis le 19 juillet, les députés de La France insoumise réclament l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur les opérations de dispersion qui ont mené à la disparition de Steve Maia Caniço, lors de la Fête de la musique, à Nantes. Après la découverte du corps du jeune homme dans la Loire, le groupe réitère sa demande : "Dans ce drame, ce qui est important de comprendre, pour que toute la clarté soit faite et que ça ne se reproduise pas, c'est la chaîne politique de décisions", affirme sur Europe 1 le député LFI de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière.

En 2017, les forces de l'ordre s'étaient repliées : "Qu'est-ce qui a changé en deux ans ?"

Dimanche, Mediapart dévoilait un rapport de la police nantaise datant du 22 juin 2017 et prouvant que les forces de l'ordre et la préfecture étaient au courant des risques encourus sur le quai Wilson, là même où a eu lieu la charge controversée de la police, il y a un mois. À l'époque, deux personnes étaient d'ailleurs tombées à l'eau après l'intervention des forces de police. Mais malgré des jets de projectiles, les gendarmes avaient décidé d'effectuer un repli tactique afin d'éviter que plus de gens ne tombent dans le fleuve.

"Quelle est aujourd'hui la doctrine du maintien de l'ordre, notamment celle du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ?", s'interroge Alexis Corbière. "Qu'est-ce qui a changé en deux ans ? Pour quelles raisons cette fois-ci, il a été décidé qu'il y ait une intervention, disproportionnée selon moi, brutale, qui a amené à ce que quatorze personnes tombent à l'eau ? (…) C'est ce qui m'intéresse moi, en tant que parlementaire".

"Pas besoin d'être un grand criminologue pour être dubitatif"

Le rapport de l'IGPN, rendu public mardi, conclut qu'"il ne peut être établi de lien entre l'intervention des forces de police (...) entre 4h20 et 4h52 quai Wilson à Nantes et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 4h dans le même secteur". Mais "rien ne prouve que ce ne soit pas le cas", souligne l'élu. "Pas besoin d'être un grand criminologue, ni même d'avoir été sur place pour être dubitatif et trouver un peu curieux et dangereux de faire cette intervention musclée en bord de Loire", insiste-t-il.

Et de faire le lien avec les incidents de Mantes-la-Jolie, où près de 140 jeunes ont été mis à genoux les mains sur la tête par les forces de l'ordre, la mort de Zineb Redouane à Marseille en pleine crise des "gilets jaunes", ou encore Geneviève Legay, cette militante de 73 ans blessée à Nice par une charge policière. "On n'a jamais vu de telles consignes données en direction des forces de l'ordre", dénonce le député.

Mardi, le parquet de Nantes a ouvert une information judiciaire "contre X" pour "homicide involontaire". Une nouvelle enquête administrative a également été diligentée par le gouvernement, Edouard Philippe ayant pointé mardi de nombreuses "zones d'ombre" entourant la mort de Steve Maia Caniço. Ses résultats seront rendus publics dans le courant du mois d'août.