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Yanis Darras // Crédit photo : PIERRE VERDY / AFP , modifié à
Trois jours après la mort du jeune Nahel, 17 ans, après un refus d'obtempérer lors d'un contrôle routier, la tension ne redescend pas dans certains quartiers français. En parallèle des émeutes, le policier, auteur du tir mortel, a été placé en détention provisoire. Au micro de Christophe Bordet, son avocat insiste : "il est dévasté, jamais il n'a voulu tuer ce jeune homme".

Des voitures et des bus brûlés, des tirs de mortiers à répétition et des pillages. La France a été une nouvelle nuit secouée par des émeutes dans certains quartiers, trois jours après la mort de Nahel, 17 ans, après un refus d'obtempérer lors d'un contrôle routier. 

Le policier âgé de 38 ans, auteur du tir, a été placé en détention provisoire, et vient de passer sa première nuit au centre pénitentiaire de la Santé à Paris. "Il est totalement dévasté", souligne ce vendredi matin au micro de Christophe Bordet, Franck Lienard. "Vous imaginez le tsunami dans sa tête? C'est un policier. Il se lève le matin pour faire appliquer la loi. Il commet un acte qui est un acte évidemment dramatique mais qu'il estime avoir dû commettre. Et il se retrouve en prison pour l'avoir fait avec les moyens de l'État, avec une arme qui lui a été donnée par l Etat et dans le respect de la loi", s'alarme-t-il. 

Une décision pour préserver l'ordre public ?

Le fonctionnaire a été mis en examen pour homicide volontaire. Mais son avocat l'annonce : "On va immédiatement relever cette décision parce que la détention provisoire doit rester l'exception en France. C'est notre droit et il y a d'autres moyens de le protéger, lui, et de protéger l'ordre public puisque la principale raison invoquée par le parquet et par le juge des libertés et de la détention, c'est la préservation de l'ordre public", souligne maître Lienard. 

Car pour ce dernier, "cela ne fait aucun doute" : la mis en examen du policier a pour but de tenter d'éteindre les émeutes dans les quartiers. "L'institution judiciaire ne se cache pas et il invoque cela comme principal argument le trouble à l'ordre public pour justifier la détention." Mais le policier aurait-il pu éviter le tir qui a tué le jeune homme de 17 ans ? 

"Non", estime l'avocat. "Placé dans la situation dans laquelle il était et avec l'obligation qu'il avait, en sa qualité de fonctionnaire de police dépositaire de l'autorité de faire cesser le périple routier qui manquait et qui risquait à tout moment de tuer un innocent, Il n'avait pas d'autre moyen que d'utiliser son arme de service et il a tenté de l'utiliser à des fins non létales. Mais le fait qu'il a été poussé par le véhicule, c'est que son canon a été relevé et qu'il a effectué un tir létal. Mais jamais il n'a voulu tuer ce jeune homme. Jamais", conclut-il au micro d'Europe 1.