Après la mort d'un soldat français, Arnaud Frion, au Kurdistan irakien, le général Nicolas Richoux estime dans "Eliot Deval et vous" qu'il reste "un travail de mémoire considérable" à accomplir pour les soldats tricolores tombés au champ d'honneur.
Une nation ingrate ? L'adjudant-chef Arnaud Frion est mort à la suite d'une attaque de drone au Kurdistan irakien. C'est Emmanuel Macron qui l'a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi sur X. Et si le président a rendu hommage au chasseur alpin, la question d'un hommage national est encore en suspens.
Mais quand bien même la décision serait prise d'avoir une commémoration nationale, le général pressent qu'une telle cérémonie ne déplacera pas les foules. "Je sens encore parfois une certaine indifférence", confie-t-il dans Eliot Deval et vous.
"Il y a encore un travail de mémoire considérable"
"Quand j'ai perdu des soldats en Afghanistan, c'était il y a longtemps, il y a une vingtaine d'années, je ne me souviens pas que ça ait déclenché des émeutes en France et des réactions émotionnelles considérables. Donc effectivement, il y a encore un travail de mémoire qui est absolument considérable pour tous ces gens qui passent des mois en OPEX [opération extérieure, ndlr], qui parfois reviennent marqués dans leur chair."
"Parce que moi quand j'ai commandé ma brigade, j'allais voir les blessés. [...] Quand vous voyez un type qui fait 1,90m, beau gosse, costaud, tatoué, etc, qui vous regarde avec le vide dans les yeux, et qui n'est même pas capable de répondre à une question simple..."
"Les blessés aussi, ceux qui ont perdu une jambe, un bras, la nation leur doit une reconnaissance éternelle et il ne faut absolument pas les oublier", conclut l'ancien commandant de la 7ème brigade blindée.