Mobilisation lycéenne : quatre organisations demandent qu'on arrête de "frapper la jeunesse"

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Les quatre organisations demandent au gouvernement d'"arrêter de frapper la jeunesse".
Les quatre organisations demandent au gouvernement d'"arrêter de frapper la jeunesse". © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
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Quatre organisations de lycéens, de personnels de l'éducation, d'avocats et de parents d'élèves ont dénoncé mardi la répression policière depuis le début du mouvement lycéen.

Depuis le début du mouvement lycéen, on assiste à une recrudescence des violences commises à l'encontre des jeunes en marge des mobilisations, ont déploré mardi quatre organisations, demandant au gouvernement d'"arrêter de frapper la jeunesse".

"En moins de sept jours, plus de 1.000 lycéens" interpellés. "On a le sentiment que le gouvernement a pris peur (...), cette peur s'est manifestée en répression", a déclaré lors d'une conférence de presse Louis Boyard, à la tête du syndicat lycéen UNL, qui a le premier appelé les jeunes à s'opposer aux réformes gouvernementales, dans la foulée du mouvement des "gilets jaunes". Selon lui, "en moins de sept jours, plus de 1.000 lycéens" ont été interpellés par les forces de l'ordre. Il a notamment évoqué le "choc" des images de l'arrestation de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines : "On a déposé plainte mais c'est devenu un symbole. On demande au gouvernement d'arrêter de frapper la jeunesse".

Pour Carlos Lopez, secrétaire national du Syndicat national des personnels de l'éducation et du social (SNPES-FSU), il y a une "stratégie gouvernementale d'écraser le mouvement lycéen", avec "l'explosion du nombre de déferrements" devant la justice.

"Aucun respect des procédures". "À Mantes-la-Jolie, les jeunes ont été filmés, humiliés, sans respect de la présomption d'innocence lors des gardes à vue", a aussi dénoncé Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France (SAF). "Les avocats n'ont pas été attendus pour auditionner les mineurs, il n'y aucun respect des procédures", a-t-elle déploré. "On voit bien que les parquets sont sous pression, ils perdent la boussole du respect des lois", a-t-elle encore fustigé, incitant notamment les parents des élèves interpellés à Mantes à porter plainte.

 

La FCPE dénonce des atteintes à la liberté de manifestation. La FCPE, première fédération de parents d'élèves, dénonce aussi les atteintes graves à la liberté de manifestation et d'expression dont sont victimes, selon elle, les jeunes manifestants. "La crainte des parents, c'est qu'un gamin reste sur le carreau, on craint l'escalade de la violence qui est aujourd'hui la seule réponse apportée par le gouvernement", a souligné son nouveau co-président, Rodrigo Arenas. "Les policiers sont là pour protéger nos enfants, pas les humilier".

Les lycéens mobilisés réclament notamment l'ouverture de places à l'université, la suppression du contrôle continu dans la réforme du bac, et du service national universel (SNU). "Si le gouvernement joue le jeu du pourrissement du mouvement, il joue un jeu très dangereux", a prévenu Louis Boyard, regrettant qu'Emmanuel Macron n'ait pas dit un mot sur les lycéens dans son discours lundi soir.

Un jeune blessé à la tête en Seine-Saint-Denis. Mardi, un lycéen de 17 ans a été légèrement blessé à la tête par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), lors d'incidents devant un lycée de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Le jeune homme, "sonné", a été transporté dans un hôpital parisien voisin en "urgence relative", a précisé une source policière.