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Lionel Gougelot, Claire Digiacomi et Chloé Goudenhooft , modifié à
Alors que vingt-sept migrants ont perdu la vie mercredi dans le naufrage d'une embarcation au large de Calais, ce drame vient remettre sur la table la question de la coopération entre la France et la Grande-Bretagne et les échecs de la politique migratoire en place. Avec la réunion de crise convoquée jeudi matin par Jean Castex, l'heure est à la recherche de solutions pour démanteler les réseaux de passeurs.

Vingt-sept migrants sont décédés dans le naufrage d'une embarcation au large de Calais mercredi, alors qu'ils tentaient de gagner la Grande-Bretagne. Ce drame, qualifié de "tragédie" par le Premier ministre Jean Castex, est le plus meurtrier depuis l'envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche. Mais comment démanteler les réseaux de passeurs ? C'est justement tout l'enjeu de la réunion de crise convoquée jeudi par le Premier ministre. 

"La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a également affirmé Emmanuel Macron en demandant le "renforcement immédiat des moyens de l'agence Frontex aux frontières extérieures" de l'UE. Mais en Grande-Bretagne, Boris Johnson accuse la France de ne pas remplir sa part du contrat concernant les flux migratoires. Il demande en effet d'intensifier les mesures pour empêcher les traversées.

Jusqu'ici, les efforts n'ont pas été suffisants, dit il. C'est un reproche que le Royaume-Uni fait à la France depuis plusieurs mois. En septembre, Londres avait même menacé de ne pas verser une aide financière promise de près de 63 millions d'euros si Paris ne renforçait pas ses patrouilles. Boris Johnson plaide aussi pour une plus grande collaboration entre les deux pays à ce sujet. C'est ce qu'il a expliqué mercredi soir, après une réunion d'urgence de son gouvernement. "Il est temps de travailler ensemble et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour briser ces gangsters qui s'en sortent malgré leurs meurtres", a-t-il affirmé. Le Premier ministre britannique propose notamment d'envoyer des officiers sur les plages françaises pour aider à contrôler les départs.

"Approfondir la coopération"

C'est également ce qu'a défendu la députée britannique de la circonscription de Douvres, qui répondait mercredi soir à la chaîne britannique Sky News. "Les gens sont en sécurité en France et ils ont besoin de rester en sécurité en France. Ça veut dire qu'on doit faire en sorte qu'il y ait des patrouilles plus importantes sur les plages françaises, que les bateaux soient incités à faire demi-tour plus près de la France", a-t-elle lancé alors que depuis le début de l'année, 22.000 migrants ont réussi à traverser la Manche au départ des côtes françaises pour arriver à Douvres.

Elle a également appelé à prendre des actions fermes et rapides avec la France, afin de mettre un terme à cette situation "absolument horrible". "Il y a déjà une présence anglaise en France et nous avons la police française aux frontières, ici au Royaume-Uni. Ce système a été mis en place il y a un certain nombre d'années et il fonctionne très bien. J'aimerais que cette coopération soit approfondie", a-t-elle poursuivi.

Mais pour Natacha Bouchart, la maire de Calais, ce drame épouvantable vient solder une série d'échecs dans la gestion de la crise migratoire, notamment de la part de la Grande-Bretagne. "Je pensais avoir vu beaucoup de choses en matière de difficultés migratoires, et non. C'est l'aboutissement d'échecs par rapport à cette politique migratoire. Un échec de Boris Johnson, qui contraint notre territoire à subir des dispositifs parce qu'il n'a pas le courage lui-même de choisir pour son territoire", a-t-elle reproché. "Il contraint les Calaisiennes et les Calaisiens à devoir encore subir aujourd'hui ce drame humain, cette traite humaine organisée par les passeurs. Il faut que tout cela s'arrête".