Mgr di Falco assigné par un plaignant l'accusant d'abus sexuels il y a plus de 40 ans

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Mgr di Falco est accusé par un ancien fidèle, mineur au moment des faits, d'abus sexuels.
Mgr di Falco est accusé par un ancien fidèle, mineur au moment des faits, d'abus sexuels. © ERIC CABANIS / AFP
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Un homme accuse l'évêque émérite Jean-Michel di Falco d'avoir abusé sexuellement de lui dans les années 1970, lorsqu'il était enfant.

Le tribunal de grande instance de Paris a examiné lundi l'assignation au civil de l'évêque émérite Jean-Michel di Falco, auquel un plaignant réclame près de 600.000 euros pour des abus sexuels sur mineur dont il l'accuse dans les années 1970. Mgr di Falco, 76 ans, qui a été évêque de Gap jusqu'au printemps dernier et l'une des figures les plus médiatiques de l'Église de France pendant 30 ans, avait été visé en 2001 par une plainte au pénal dans ce dossier. Cet ancien porte-parole de la conférence épiscopale a toujours nié les faits allégués.

Multiples recours au pénal. Pierre-Jean Pagès, un comédien de 57 ans, accuse l'ancien prêtre du diocèse de Paris de viols et agressions sexuelles entre 1972 et 1975, alors que l'ecclésiastique dirigeait le collège privé parisien Saint-Thomas d'Aquin. Ces accusations avaient été l'objet en 2002 d'un classement sans suite puis d'un refus d'informer en raison de la prescription, confirmé l'année suivante en appel. Après un pourvoi non admis en cassation et un recours irrecevable devant la Cour européenne des droits de l'homme, le plaignant a assigné en septembre 2016 Mgr di Falco au civil. "Dans ce dossier, les faits sont implacables", a plaidé l'avocat du plaignant, lors de l'audience en l'absence de Mgr di Falco. "La prescription est le moyen facile d'éviter d'être jugé", a-t-il relevé.

"Le pardon". Indiquant que son client voulait demander "des millions", l'avocat a lancé : "J'aurais préféré un euro symbolique, ç'aurait eu plus de classe". Il a toutefois réclamé plus de 560.000 euros à Mgr di Falco au titre de divers préjudices, sexuel notamment. Pour le conseil de l'évêque émérite, le plaignant a trouvé "un tuteur, un guide" voire "un père de substitution" chez son client : "Peut-être a-t-il fini par se convaincre qu'il a été victime de ce qu'il narre aujourd'hui". Face à ces accusations "dénuées de fondement", le prélat n'a aujourd'hui qu'une réponse, a-t-il souligné : "le pardon". Le jugement a été mis en délibéré au 12 mars.