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Marineland d'Antibes : un rapport d'expertise alerte sur l'état du bassin des orques

[Valery HACHE / AFP]

Un rapport d’expertise met en garde contre l’état préoccupant des bassins accueillant les deux orques de Marineland, fragilisés au point de menacer leur survie. Alors que le parc est fermé depuis plus d’un an, une réunion décisive doit se tenir lundi entre le ministère de la Transition écologique et l’ensemble des acteurs du dossier.

Un rapport d’expertise vétérinaire, dont l’AFP a obtenu copie, alerte sur le danger que représente le maintien des orques de Marineland dans leurs installations actuelles, décrites comme en “dégradation structurelle avancée”. Ce document, commandé par la justice à la demande de l’ONG Sea Shepherd, sera au cœur de la réunion organisée lundi après‑midi par le ministère de la Transition écologique pour discuter de l’avenir des animaux. 

Les deux vétérinaires missionnés jugent que l’état de santé des deux orques — Wikie, 24 ans, et son fils Keijo, 12 ans — ainsi que celui des douze dauphins encore présents dans le parc fermé depuis plus d’un an, reste compatible avec un maintien sur place ou un transfert. Mais ils soulignent que les cinq bassins construits en 2001 présentent désormais une fragilité extrême. Ces infrastructures restent fonctionnelles grâce à des travaux de maintenance constants, mais “susceptibles d’un effondrement généralisé à tout moment” en raison des mouvements du sous‑sol. 

Obligation de maintenir trois orques dans un même parc

En cas de rupture soudaine des bassins, les experts préviennent qu’un transfert en urgence serait impossible, faute d’équipement et de personnel spécialisé en permanence sur place. La seule solution resterait alors l’euthanasie des orques, scénario qualifié d’inacceptable par les associations. 

Le rapport rappelle également que les orques sont des animaux sociaux, qui doivent vivre en groupe. Avant la loi de 2021 interdisant la captivité des cétacés en France, la réglementation imposait d’ailleurs qu’ils soient au moins trois dans un même parc. Depuis plus d’un an, la direction de Marineland réclame l’autorisation de transférer les orques vers un autre établissement. Le ministère avait refusé un départ vers le Japon, puis assuré que les autorités espagnoles s’opposaient à un transfert vers un parc de Tenerife. 

Des bassins en état correct pour les dauphins

En décembre, le ministre Mathieu Lefèvre a remis sur la table l’idée d’un transfert vers un sanctuaire en Nouvelle‑Écosse. Mais ce projet reste en phase de conception et la préparation d’orques nées en captivité à vivre en semi‑liberté dans les eaux canadiennes pourrait prendre beaucoup de temps. 

En revanche, le rapport estime que les douze dauphins du parc disposent d’un groupe suffisamment structuré et de bassins en état correct pour rester sur le site actuel. Une conclusion qui conforte le projet de les accueillir au ZooParc de Beauval, malgré de vives oppositions d’ONG.