Marche contre les violences en Seine-Saint-Denis : "Nous ne voulons pas être la tiers-France"

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Une "marche des familles pour la paix" était organisée samedi en Seine-Saint-Denis, alors que de nombreux heurts entre bandes rivales ont eu lieu ces derniers jours en région parisienne.
REPORTAGE

Lynchage d'un jeune mercredi à Garges-lès-Gonesse, adolescent roué de coups le 15 septembre dernier à Villeneuve-la-Garenne… Excédées par ces violences à répétition, plusieurs mères de famille ont décidé d'organiser une "marche des familles pour la paix" samedi, à L’Île-Saint-Denis et Villeneuve-la-Garenne, en Seine-Saint-Denis. Derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire "Pour la paix et l'entente entre nos jeunes", plus d'une centaine de personnes ont symboliquement franchi le pont qui relie ces deux communes voisines.

Des mères de famille "révoltées". "Ce genre de manifestation ne devrait même pas exister. Ça me révolte. On devrait tous pouvoir laisser nos enfants sortir ou aller à l'école sans se soucier de leur sécurité", a notamment déploré Dalel, cette habitante de Villeneuve-la-Garenne venue avec sa fille de 7 ans pour dire stop à ces violences.

Entendu sur europe1 :
Je me donne deux ans, et si ça ne change pas, je préfère partir

Atoumata, elle, vit de l’autre côté du pont, à L’Île-Saint-Denis. Cette mère de famille a déjà été témoin de bagarres d’une rare violence. Aujourd’hui, elle songe à même quitter cette ville qu'elle "adore" pourtant. "Je souhaite rester mais je me donne deux ans, et si ça ne change pas, je préfère partir", avertit-elle au micro d'Europe 1.

Manque de moyens. Pour le maire de l’Île-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly, l’État doit en tout cas mettre beaucoup plus de moyens pour enrayer cette spirale de la haine. "Nous ne sommes pas là pour quémander quoi que ce soit. Nous sommes maires de villes qui sont des villes françaises et nous ne voulons pas être la tiers-France, comme le tiers-monde", souligne l'élu de 33 ans, sans étiquette, qui revendique "le même niveau de ressources que [ses] voisins".

En charge de la jeunesse et des sports dans la commune, Madioula Aidara-Diaby s'accorde également à dire que "toutes les villes ont perdu beaucoup de dotations". Pour elle, la solution passe aussi par une meilleure connaissance des jeunes entre eux. "On mobilise le collège, les enseignants et les associations et on essaye de faire des actions communes pour que les jeunes apprennent à se connaître et cessent de se battre", explique-t-elle. En 2015, une association avait même organisé un match de football pour apaiser ces bandes rivales.