Après les violences du 17 octobre, le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé pour la mobilisation du samedi 24 octobre. Dans "Europe 1 Matin", le général de gendarmerie Bertrand Cavallier, expert en sécurité et en maintien de l'ordre, estime que les moyens engagés ont permis de mieux maîtriser la situation, malgré des incidents en marge des cortèges.
Le changement d'échelle est important. Pour la journée du 24 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé le déploiement de 70.000 policiers et gendarmes dans toute la France. Des moyens spéciaux, dont les blindés Centaure, ainsi que des échelons du RAID, de la BRI et du GIGN devaient également être mobilisés.
Au lendemain de cette nouvelle mobilisation, Bertrand Cavallier dresse un bilan positif du dispositif dans Europe 1 Matin. "Globalement, le dispositif a parfaitement fonctionné", assure-t-il, tout en relevant "quelques échauffourées" et "quelques commerces pillés".
Un dispositif "massif"
Cette efficacité a toutefois eu un prix, souligne le général de gendarmerie. "Il a été massif", rappelle-t-il, évoquant également des "restrictions du droit de manifester dans les centres-villes" et le fait que "la plupart des commerces étaient fermés dans certaines villes".
Le ministère de l'Intérieur avait effectivement demandé aux préfets d'examiner les parcours des cortèges au regard du risque de troubles, avec la possibilité d'interdire une manifestation dans certaines zones en cas de risque de nouveaux pillages ou destructions. Des contrôles de flux devaient par ailleurs être mis en place, notamment dans les gares et sur les axes de circulation.
Bertrand Cavallier invite donc à examiner ce qui, selon lui, a changé entre les deux mobilisations : "Il faut prendre de la hauteur et analyser ce qui a permis d'éviter le chaos, le chaos du 17 octobre."
"Le terrain a été tenu"
Pour l'expert, la présence plus importante des forces de sécurité constitue l'une des principales différences. "Je crois que le terrain a été tenu parce que contrairement au 17 octobre, là il y a eu un déploiement beaucoup plus conséquent", explique-t-il. Il estime que lors de la première mobilisation, les forces territoriales "n'étaient pas assez déployées sur le terrain".
Il cite également le renseignement et le déploiement des véhicules blindés Centaure. Le ministère de l'Intérieur avait annoncé avant la mobilisation des consignes de mobilité des effectifs ainsi que le recours à ces moyens spéciaux.
Ces moyens ont aussi une dimension dissuasive, selon Bertrand Cavallier. À propos des Centaures, il souligne leurs capacités tactiques et estime que leur présence envoyait surtout un "message de détermination des pouvoirs publics" afin de ne pas laisser se reproduire le "chaos du 17 octobre".