Après l’attentat de Trappes et de La Verrière et alors que de nouvelles mobilisations sont annoncées, Olivier Vial, directeur du CERU, alerte sur le risque d’un engrenage entre violence et contre-violence. Sur Europe 1, il estime qu’une telle spirale pourrait rapidement devenir incontrôlable.
Le risque d’une escalade inquiète Olivier Vial. Le directeur du CERU, laboratoire d’idées universitaire en charge d’un programme de recherche sur les radicalités, redoute que les épisodes de violences qui ont marqué le mois d’octobre finissent par alimenter des réactions en chaîne. Une semaine plus tôt, sur Europe 1, il alertait déjà sur une capacité d’organisation et de mobilisation accrue des mouvements d’ultragauche.
Sur Europe 1, Olivier Vial met cette fois en garde contre "le risque de toutes ces stratégies de conflictualisation qui fait monter la tension". "On a effectivement toujours le risque d’avoir en face d’une violence, une contre-violence qui se met en place", affirme-t-il.
L’attaque raciste de Trappes au cœur des inquiétudes
Cette alerte intervient trois jours après l’attaque commise vendredi 23 octobre à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines. Un homme de 39 ans, Kévin T., est soupçonné d’avoir tué une personne et blessé cinq autres. Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête notamment pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste", avec une circonstance aggravante liée au caractère raciste des faits.
Selon des éléments rapportés après son interpellation, le suspect a déclaré avoir voulu "venger les commerçants" victimes des pillages du 17 octobre.
Sa garde à vue a été suspendue dimanche 25 octobre après un examen psychiatrique. Le Parquet national antiterroriste a indiqué qu’il avait été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police pour une période d’observation susceptible de durer 48 heures, afin de déterminer si son état permet la poursuite des auditions.
Olivier Vial établit pour sa part un lien entre le passage à l’acte du suspect et les violences observées auparavant. "Il y a quand même quelque chose qui a déclenché son geste et ce quelque chose-là, c’est effectivement la violence qu’il a vue le week-end d’avant", affirme-t-il.
Le risque d’une population qui décide de "se faire justice"
Pour Olivier Vial, un autre danger réside dans la possible réaction de personnes qui s’estimeraient insuffisamment protégées. Il juge qu’il existe un risque qu’"une partie de la population qui se considère délaissée par les forces de l’ordre décide de se faire justice elle-même".
C’est précisément dans cet enchaînement que le directeur du CERU voit le risque d’un engrenage. De telles spirales, assure-t-il, "peuvent devenir totalement incontrôlables très rapidement si à la violence répond une autre violence".