Le directeur du CERU, chargé du programme de recherche sur les radicalités, alerte sur le rapport d'une partie des jeunes à la violence. Dans Europe 1 Bonjour, Olivier Vial s'appuie notamment sur un sondage Ifop selon lequel 47% des moins de 35 ans estiment qu'il faut parfois recourir à un certain degré de violence pour faire avancer leurs idées.
Une banalisation de la violence politique chez certains jeunes ? Pour Olivier Vial, directeur du CERU en charge du programme de recherche sur les radicalités, le phénomène mérite une attention particulière. Une semaine après avoir déjà alerté sur le renforcement de l'ultragauche, il estime que les frontières entre plusieurs cultures militantes sont devenues plus difficiles à établir.
Le 19 octobre, sur Europe 1, il considérait déjà que les mouvements d'ultragauche disposaient d'une capacité d'organisation et de mobilisation supérieure à celle observée quelques années auparavant.
"Ces différents groupes et ces différentes cultures se côtoient de plus en plus régulièrement dans les manifestations, dans les grands rassemblements", affirme Olivier Vial ce lundi matin. Selon lui, l'action directe, le sabotage ou l'action violente ne sont désormais plus uniquement pratiqués par les militants d'ultragauche les plus aguerris.
47% des moins de 35 ans acceptent parfois le recours à la violence
"Ça ne veut pas dire qu'ils vont tous passer à l'action", nuance-t-il immédiatement, avant d'estimer que certains jeunes considèrent progressivement que la violence "est un instrument politique comme un autre".
Pour étayer son constat, le spécialiste cite un sondage Ifop réalisée pour LCI les 6 et 7 octobre 2026 : 47% des Français de moins de 35 ans interrogés déclarent qu'il faut parfois recourir à un certain degré de violence pour faire avancer ses idées dans la société.
Cette proportion se décompose en 17% répondant "oui, tout à fait" et 30% "oui, plutôt". Dans l'ensemble de la population interrogée, 32% adoptent cette position.
Olivier Vial insiste toutefois sur la différence entre l'acceptation du principe et le passage à l'acte. Dans le même temps, il estime que les réseaux sociaux ont participé à la diffusion de modes opératoires : "Ils ont en plus appris grâce aux réseaux sociaux, grâce à tout ce qu'on a vu ces dernières semaines, comment faire."
"Toute une galaxie de jeunes" primo-activistes
Pour le directeur du CERU, cette évolution dépasse ainsi le noyau des militants les plus radicalisés. Il évoque "toute une galaxie de jeunes" et notamment des "primo-activistes" susceptibles, selon lui, de basculer ponctuellement dans la violence.