Manifestation franco-espagnole anti-ours dans les Pyrénées espagnoles

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L'ours brun est classé dans les "espèces animales protégées" depuis 1971.
L'ours brun est classé dans les "espèces animales protégées" depuis 1971. © AFP
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Jeudi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté en Espagne contre la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Ils demandent leur retrait.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi à Ainsa en Espagne contre les réintroductions d'ours dans les Pyrénées, à l'appel d'une quarantaine d'organisations agricoles espagnoles et françaises. "Nous nous plaignons de la réintroduction de l'ours", une décision prise "sans prendre en compte la vie des villages et des éleveurs" de la région, a déclaré Felix Bariain, président du syndicat agricole UAG de Navarre (nord de l'Espagne).

"Ours, la ruine du monde rural"

"Nous demandons que les ours violents soient retirés des Pyrénées", a-t-il ajouté. "Ours, la ruine du monde rural et de l'élevage extensif", "les ours non, des Pyrénées sûres", pouvait-on lire sur les banderoles dans des vidéos retransmises par des médias locaux.

Parmi les organisations présentes, de nombreuses branches locales de syndicats agricoles et coopératives alimentaires, ainsi que les syndicats agricoles français Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) et Jeunes Agriculteurs.

Deux ours concentrent les critiques

Le programme de réintroduction des ours dans les Pyrénées date de 1996 et fonctionne grâce à des lâchers d'ours slovènes. Les éleveurs se plaignent régulièrement d'attaques contre leurs troupeaux. Ces derniers mois, deux ours ont particulièrement concentré les critiques : Goiat, un mâle d'environ 13 ans qui s'est notamment attaqué à des chevaux dans les Pyrénées espagnoles, et Claverina, une femelle lâchée début octobre dans les Pyrénées-Atlantiques en France, accusée d'avoir tué des brebis des deux côtés de la frontière.

Cette situation oblige les éleveurs à surveiller leurs troupeaux 24 heures sur 24 sans pouvoir se reposer, provoque des pertes économiques, pousse certains à abandonner leur travail et décourage les jeunes qui veulent s'installer comme éleveurs, a accusé Felix Bariain. Selon un décompte de la Fondation Oso Pardo en mai, environ 45 ours sont recensés dans la partie centrale des Pyrénées françaises et espagnoles, et quatre dans les Pyrénées occidentales sur les deux versants.