Quatre suspects, dont deux ingénieurs chinois, ont été interpellés par la DGSI en Gironde dans une enquête pour espionnage présumé. Au cœur des investigations, une parabole installée dans le jardin d’une maison, soupçonnée d’avoir servi à intercepter des communications satellitaires sensibles.
Une nouvelle affaire d'espionnage chinois en France, dans une petite ville de Gironde. Quatre suspects, dont deux ingénieurs chinois, ont été interpellés samedi par la DGSI dans le cadre d'une enquête pilotée par la section cyber du parquet de Paris. Au cœur de cette enquête, une mystérieuse parabole installée dans le jardin d'une maison, qui aurait servi à des captations satellitaires sensibles.
À Camblanes-et-Meynac, dans le quartier où ces espions présumés s'étaient installés, la surprise est grande chez les habitants.
"Une petite frousse"
"C'est un bâtiment qui est accolé à ma maison et je n'ai aucune visibilité sur ce terrain. On n'était même pas au courant qu'il y avait eu une interpellation à 6 heures du matin. On n'a rien entendu", explique Thomas, qui habite juste à côté du logement Airbnb où ont été interpellés ces ressortissants chinois.
Après coup, ce dernier admet tout de même avoir eu "une petite frousse". "Mais après, assez vite, on m’a dit que c’étaient plus des techniciens, des ingénieurs, et pas des militaires. J’ai vérifié s’il n’y avait pas de nouvel appareil sur mes réseaux", précise-t-il.
Aujourd'hui, cette affaire d'espionnage présumé nourrit toutes les conversations dans ce village de 3.000 habitants, avec un mélange d'incrédulité et de stupéfaction. "Je suis surpris. Mon fils m’a dit : 'Camblanes, ça devient important, maintenant il y a les espions'", réagit un riverain.
"Camblanes est tranquille"
"Il n'y a pas de terrain militaire, il n'y a rien. Camblanes est tranquille, je pense que c'est surtout ça. Peut-être qu'ils ont cherché une maison bien située, tranquille, où ils pouvaient déployer apparemment leur parabole", estime Jean-Philippe Guillemot, le maire de Camblanes-et-Meynac.
Une parabole et des perturbations mystérieuses du réseau internet dans le secteur ont alerté les riverains et déclenché, semble-t-il, les investigations, puis la perquisition. Durant cette dernière, les policiers ont découvert, précise le parquet, un dispositif permettant d'intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d'importance vitale.