"Je ne sais pas si ça va s’arranger avec les annonces" : face à l'enlisement de la grève, les voyageurs s'impatientent

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Depuis le début de la grève, les embouteillages matinaux aux abords de la capitale dépassent chaque matin les seuils habituels. 1:30
Depuis le début de la grève, les embouteillages matinaux aux abords de la capitale dépassent chaque matin les seuils habituels. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
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Au septième jour de la grève contre la réforme des retraites, les voyageurs quotidiennement pénalisés par les perturbations dans les transports en commun ou sur les routes se montrent de plus en plus agacés. Surtout, la présentation détaillée du projet du gouvernement, mercredi en milieu de journée, leur laisse craindre une relance de la mobilisation.
REPORTAGE

La grève contre la réforme des retraites continue. Malgré des manifestations moins massives mardi, par rapport à celles du 5 décembre, le mouvement reste très suivi, avec de très fortes perturbations dans les transports en commun. Une très légère amélioration est toutefois à noter mercredi du côté de la SNCF, avec un TGV sur quatre en moyenne, trois TER sur dix, et un Transilien sur cinq. 

À Dunkerque notamment, la gare a pu rouvrir après six jours de fermeture, mais avec un seul train de prévu au départ, à destination de Lille. "C’est une apparition", ironise Nathalie au micro d'Europe 1. "Franchement, ça fait chaud au cœur !" Entre Lille et Dunkerque, ce sont chaque jour 3.000 voyageurs qui effectuent la migration pendulaire, et se sont retrouvés bloqués par la grève. "On a pris la voiture, ou fait du télétravail si on le pouvait. Mais on est vraiment pénalisés. Je ne sais pas si ça va s’arranger avec les annonces, mais on l’espère", glisse un travailleur, alors que le Premier ministre, Édouard Philippe, doit dévoiler en milieu de journée le détail de la réforme.

Un trafic toujours très congestionné en Île-de-France

Du côté de la RATP, dix lignes de métro sont toujours fermées à Paris. En Île-de-France, de nombreux usagers se sont rabattus sur la voiture pour aller travailler, mais dans les embouteillage matinaux, l'exaspération a largement remplacé l'impatience des premiers jours. À huit heures, mercredi matin, on comptabilisait déjà plus de 450 kilomètres d’embouteillages en région parisienne, selon le site de circulation sytadin, un chiffre largement supérieur aux seuils considérés comme "exceptionnels" par ce site dépendant de la Direction des routes d’Île-de-France.

L'un des principaux points de blocage se trouvait au niveau de la porte Maillot. Dès 6 heures, toute l’avenue Charles de Gaulle, jusqu’à celle de la Grande Armée, était embouteillée. "Dans les bouchons, on a les nerfs à vif", confie un automobiliste. "Je mets entre deux heures et 2h30 pour faire 50 kilomètres". Même pour les deux-roues, habitués à passer entre les files de voitures, la situation devient de plus en plus pesante. "Tant que l’on est en moto, on passe toujours, mais c’est plus compliqué qu’avant", avoue un motard. D'autant que mercredi matin, la pluie était de la partie.

Autres secteurs qui étaient congestionnés autour de Paris : la porte d’Orléans sur l’A6, l’A1 depuis Roissy en direction de la capitale, et toute l’A86. "Ça fait 1h10 que je suis partie de chez moi, et j’ai fait dix kilomètres", déplore une conductrice croisée à l'une des entrées nord de Paris. Et sur toutes les lèvres à présent une même question : à quand la fin de la grève ?

Europe 1
Par Lionel Gougelot et Pauline Jacot, édité par Romain David