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«Les gens se font moins plaisir» : à Bordeaux, la hausse des prix des carburants vide les commerces du centre-ville

Avant de se rendre en ville, par exemple pour faire les boutiques, les consommateurs réfléchissent à deux fois. [Philippe LOPEZ / AFP]

La hausse des prix du carburant continue de peser sur l’activité économique à Bordeaux, où commerçants et restaurateurs constatent une baisse de la fréquentation. Entre arbitrages budgétaires des ménages et recul des dépenses de loisirs, le pouvoir d’achat apparaît directement impacté par la crise.

"Nous sommes au milieu d’une grande victoire", a encore clamé Donald Trump. En attendant, la situation reste bloquée et les prix à la pompe ne baissent pas. Avec des conséquences financières pour les Français, contraints de rogner sur d’autres dépenses. Faire le plein coûte très cher, et beaucoup doivent limiter leurs déplacements.

Avant de se rendre en ville, par exemple pour faire les boutiques, les consommateurs réfléchissent à deux fois… Restaurateurs et commerçants constatent, pour la grande majorité d’entre eux, les effets de cette crise géopolitique qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat. 

"Même les gens aisés font attention"

À Bordeaux, depuis que les prix du carburant ont fortement augmenté, le constat est le même : moins de monde dans les rues du centre-ville et moins de clients dans les boutiques. L’impact de la crise, Benoît, restaurateur, le perçoit dans son établissement.

"Surtout lors des ponts et des week-ends, comme celui du 1er mai, où nous avions beaucoup plus de clients venant de l’extérieur de Bordeaux. Même les gens aisés font attention, car l’essence a augmenté, tout augmente. Dans l’ensemble, les gens se font moins plaisir. Ils prennent rarement des desserts, et même l’entrée devient plus rare. Ils choisissent plutôt un plat et un café", constate-t-il.

"La fréquentation chute"

Dans sa boutique de maroquinerie, Fabienne Massip subit elle aussi les conséquences de la situation actuelle : "La fréquentation chute. Mon activité étant axée sur les bagages, les gens réfléchissent aujourd’hui à deux fois avant de partir en vacances. Ce segment a pris un sacré coup depuis deux mois. Heureusement, les clients internationaux, qui disposent de moyens financiers, continuent de venir. Ce sont eux qui soutiennent notre chiffre d’affaires. Les locaux, on les voit très peu. C’est dur", déplore-t-elle.

Des commerçants qui limitent désormais leurs charges au maximum : pas d’extras et des arbitrages quotidiens sur la moindre dépense pour tenter de surmonter une crise dont l’issue reste incertaine.